Paraître par la parole, apparaître persuasif : exercice incontournable du pouvoir.
Les Grecs disaient que «la parole est un grand souverain». La prise, l’exercice, le partage du pouvoir politique nécessitent l’exercice de la parole persuasive. Ceux qui veulent gouverner savent qu’ils doivent bien parler, ceux qui veulent être gouvernés désirent être séduits par la parole et, même si les promesses sont rarement tenues, la politique reste l’art de convaincre qu’elles le seront ou que celui qui les fait possède au moins l’«art de bien promettre». Le phénomène le plus paradoxal de l’ère internet est en effet le pouvoir démultiplié de la parole efficace et vivante, dans l’apparition de la politique comme un empire rhétorique, un reality show de la persuasion.
Cette collection réunit des essais qui expliquent, illustrent, interrogent la souveraineté des pouvoirs de persuasion.
Quel rôle la propagande a-t-elle joué dans deux grands systèmes totalitaires ? Quelles sont les ressemblances et les différences entre la propagande du Troisième Reich et celle de la RDA ?
En quoi ont-elles réussi, en quoi ont-elles échoué ?
L'homme est censé être un animal politique. Le Français, lui, est un animal hyperpolitique.
L'homme est censé être un animal doué de parole. Le Français est un animal d'hyperparole.
En juillet 1945 Martin Heidegger comparaît devant la commission de dénazification pour y répondre de deux chefs d’accusation : avoir mis l’université de Fribourg, dont il avait été recteur, au service du parti national-socialiste...