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Revue internationale d'Histoire Militaire Ancienne. N°3/2016

Revue internationale d'Histoire Militaire Ancienne. N°3/2016

Kakkēka rukusma (« Ceins tes armes ! ») 2e Rencontre d'Histoire militaire du Proche-Orient ancien (Lyon, 17-18 octobre 2013)


Textes édités par Philippe Abrahami et Catherine Wolff Actes du colloque international organisé à la Maison de l'Orient et de la Méditerranée - Jean Pouilloux


Résumé   |   Sommaire   |   Fiche technique

Marco Bonechi – Les conflits en Syrie au Bronze ancien d'après les textes d’Ebla : notes lexicales, prosopographiques et historiques (p. 17-54).

L’article s’intéresse à deux catégories de personnel militaire de la documentation d’Ebla du IIIe mill. av. J.-C : les àga-ús et les zag-ús. Cette étude fondée sur une approche lexicale et prosopographique propose également de resituer les documents traités dans leur contexte historique. Cette approche permet d’envisager certaines hypothèses quant aux événements qui ont marqué la fin du royaume d’Ebla.


Bertrand Lafont – Données nouvelles sur l’organisation militaire des rois d’Ur d’après les archives de Garšana et d’Irisagrig (p. 55-67).

La synthèse proposée en 2008 sur l’apport des textes cunéiformes à la connaissance des institutions militaires de l’époque néo-sumérienne (ca. 2100-2000 av. J.-C.) peut aujourd’hui être complétée par des informations inédites contenues dans deux gros lots d’archives sumériennes récemment portés à la connaissance des historiens qu’intéresse cette période. Il s’agit des archives de Garšana d’une part, où était localisée une grosse garnison royale, au cœur du royaume, et des archives d’Irisagrig d’autre part, site où les rois d’Ur semblent avoir souvent résidé, accompagnés d’un grand nombre de leurs généraux et de leurs soldats. On proposera un rapide bilan des informations nouvelles qui peuvent être tirées de ces nouveaux lots d’archives.


Philippe Abrahami – Aspects de la guerre en Mésopotamie dans le corpus divinatoire (p. 69-85).

Le présent article s’intéresse à quelques aspects de la guerre à partir des protocoles d’interrogation oraculaire, des recueils d’oracles et des lettres des devins de Mari. Les points traités concernent : les phases opérationnelles qui marquent le déroulement des campagnes militaires ; les procédés de la guerre de siège et l’agencement tactique des troupes dans le cadre de l’engagement en terrain ouvert. On s’intéressera également au traitement oraculaire relatif au dispositif des forces alliées.


Pierre Villard – Quelques aspects du renseignement militaire dans l’empire néo-assyrien (p. 87-97).

L’une des forces de l’armée assyrienne résidait dans l’efficacité du renseignement militaire. S’il n’existait pas de service autonome, l’armée disposait d’un corps de militaires spécialisés, les daiālu, faisant selon les cas office d’éclaireurs précédant le gros de la troupe ou d’espions chargés d’effectuer des missions d’infiltration en territoire ennemi. Ils opéraient fréquemment à partir des fortins établis le long de frontières sensibles, comme les montagnes du nord ou le désert arabo-syrien. La documentation montre aussi qu’ils étaient très actifs dans les États vassaux, où ils rendaient compte de leurs activités au qēpu nommé par le roi assyrien. D’autre part, l’aide apportée à des notables de pays voisins complotant contre les pouvoirs en place offrait une autre source précieuse de renseignements, autorisant parfois des opérations de déstabilisation et de désinformation.


Philippe Clancier – Le sūhu dans la guerre à l’époque néo-assyrienne (p. 99-114).

Le Sūhu, situé dans la région du moyen Euphrate, entre les anciennes Hindānu et Rapiqu, fut au ixe et viiie siècles tout à la fois objet de convoitise des Assyriens et espace de structuration d’un ou de plusieurs petits États plus ou moins autonomes. Aššurnaṣirpal II tenta de conquérir la région mais n’arriva probablement qu’à sa division en 878. La partie orientale, depuis l’est d’Ānat jusqu’à la Babylonie, bien que ponctuellement tributaire de l’Assyrie, put maintenir son indépendance jusqu’au règne de Tiglath-phalasar III. Ses souverains, portant le titre de šaknu, gouverneur, titre probablement hérité de la période médio-assyrienne, purent développer un système militaire efficace, adapté aux réalités multiples de la région : contrôle du territoire autour du fleuve ; contrôle des voies de communication par le fleuve lui-même et par les routes du désert parsemées de puits constituant autant d’étapes ; contrôle des routes commerciales. Pour ce faire, les šaknu ont constitué une force militaire centrée sur une armée dite palatiale qui pouvait être étoffée en cas de danger immédiat comme pouvaient l’être des raids de tribus araméennes. Pour les opérations de police en milieu désertique, autour des puits, des unités de cavalerie furent constituées et installées dans des forts. En effet, le système militaire permanent des šaknu reposait sur des fortifications érigées aux points stratégiques de leur territoire, qu’il s’agisse des bords de l’Euphrate ou des secteurs arides.


Rocío Da Riva – L’empire en guerre. Considérations sur l’aspect militaire de la dynastie néo-babylonienne : le site du Nahr el-Kalb au Liban (p. 115-122).

Peu de périodes de l’histoire ancienne de la Mésopotamie sont aussi liées aux vicissitudes guerrières que celle de l’empire néo-babylonien (626-539 av. J.-C.), qui émergea d’une guerre contre l’Assyrie et disparut à la suite d’une guerre contre la Perse. Pendant les 88 ans d’existence de l’empire, les entreprises militaires ont été poursuivies régulièrement. La guerre apparaît donc comme un facteur très important dans la transformation de l’économie à l’époque néo-babylonienne. Mais son importance se manifeste au-delà de la vie économique et peut être observée aussi dans d’autres sphères de la société. L’un des aspects les mieux documentés de l’histoire militaire de cette période est lié aux campagnes en Syrie et au Levant. L’intervention politique et militaire néo-babylonienne au Levant débute avec Nabuchodonosor II. Le Liban, par sa position géographique de carrefour et ses contacts avec les grandes puissances occupe une place stratégique au sein du Proche-Orient. Les rois néo-babyloniens continuent la politique militaire assyrienne dans cette région et la preuve la plus impressionnante de ces activités est fournie par les monuments commémoratifs du Liban, particulièrement celui du Nahr el-Kalb.


Jordi Vidal – La conscription militaire à Ougarit (p. 123-133).

Cet article propose une étude sur la conscription militaire au sein des villages du royaume d’Ougarit telle que la documentent les textes de Ras Shamra et de Ras Ibn Hani. L’étude confirme ainsi plusieurs points : 1/ la part la plus significative des levées provenait des grandes agglomérations rurales du royaume 2/ l’effectif maximum qui pouvait être recruté était de l’ordre de 2 000 à 3 000 hommes 3/ les troupes issues de ces levées ont activement participé aux conflits militaires au moment de la crise de 1200 av. J.-C.
Bruno Gombert – Recrutement et mobilisation en Babylonie du vie au ive siècle av. J.-C. (p. 135-150). Les chroniques babyloniennes qui décrivent brièvement les campagnes militaires lancées par les rois néo-babyloniens afin de réaliser leur projet impérial, ne donnent que peu de détails sur certains aspects du fonctionnement de l’armée. Cependant, elles mentionnent un moment clé du départ en expédition : la mobilisation des troupes. La documentation économique produite en Babylonie, tant durant la période néo-babylonienne que durant la période perse, nous permettent de parfaire notre connaissance des fondements de la mobilisation des troupes. En effet, à partir des archives privées des hommes d’affaires babyloniens ainsi que des archives des temples, il nous est possible de reconstituer les principes juridiques du recrutement, de comprendre comment les différents principes de recrutement étaient employés afin de grossir les rangs des armées (néo-babylonienne puis perse), comment l’ordre de mobilisation se diffusait, etc. Plus encore, une analyse du fonctionnement des mobilisations mourrait nous permettre de dresser une image partielle de la composition et de la structure de l’armée néo-babylonienne.


Guillaume Gernez – Histoire des lances triparties à soie au Proche-Orient (IVe-IIe millénaire av. J.-C.) (p. 151-180).

Les lances tripartites sont parmi les plus anciennes armes métalliques conçues au Proche-Orient, dès le IVe mill. av. n. è. Il s’agit aussi du modèle le plus répandu jusqu’au début du IIe millénaire, adopté en pays sumérien et dans plusieurs régions voisines. À partir de 405 exemplaires archéologiques découverts dans les dépôts et les tombes, la typologie mise en place propose de distinguer cinq principaux ensembles, chacun incluant plusieurs variantes. Il est ainsi possible de reconstituer précisément l’histoire des lances tripartite sur une période de deux millénaires, et de déterminer comment ce modèle, inventé en Anatolie orientale et dans le Caucase, a été transmis et transformé au cours du temps jusqu’au sud du Levant et en Mésopotamie, et pourquoi il a connu des élaborations morphologiques : les trois principaux facteurs sont d’ordre fonctionnel, technique et culturel.


Fabrice De Backer – Les boucliers néo-assyriens à protomé de lion (p. 181-198).

L’examen attentif des sources matérielles, textuelles et visuelles montre que l’armement et les tactiques de combat néo-assyriennes subirent de profonds changements au plus tard sous Assurnasirpal II. Jusqu’au règne de ce roi, les armées proche-orientales avoisinantes se composaient le plus souvent de concentrations d’archers et de lourdes phalanges de lanciers ou de piquiers, suivant une charrerie composée d’aristocrates et de ploutocrates. Le xie siècle av. J.-C. vit apparaître des guerriers d’élite maniant différentes variantes d’un petit bouclier circulaire à protomé de lion, de dards, ou orné des deux, dont on retrouve la représentation jusque pendant la période perse.


Jaume Llop – L’armement des forces assyriennes à l’époque médio-assyrienne d’après les sources écrites (p. 199-121).

La présente étude porte sur les armes défensives et offensives utilisées par les soldats de l’époque médio-assyrienne. Les informations sur ce sujet proviennent pour l’essentiel de documents d’archive. L’armement défensif comprenait le casque (qurpisu), le « bonnet » (kubšu), l’armure (*sariu) et le bouclier (arittu). Les armes offensives peuvent être rangées en deux catégories : les armes utilisées pour le corps-à-corps et celles du combat à distance. Dans la première catégorie, on trouve le « bâton » (haṭṭu), le fouet (maḫittu), probablement la masse d’arme (kakku), la dague ou l’épée (patru), différents types de hache (ḫaṣṣinnu, pāšu, *pāltu and ulmu) et la lance. Pour le combat à distance étaient utilisés la javeline, l’arc et la fronde.


Laura Battini – Les portes urbaines mésopotamiennes : dynamique militaire et utilitaire (p. 223-247).

Cet article étudie les portes urbaines mésopotamiennes essentiellement du point de vue architectural, mais en partie aussi sur le plan iconologique et textuel, comme lieux de défense et d’organisation de la vie urbaine. L’analyse architecturale des portes urbaines mésopotamiennes met en évidence la présence de caractères déterminés par des raisons militaires, d’autres plutôt opposés aux raisons militaires ou difficilement explicables du point de vue militaire. Elle montre aussi l’existence de deux types de portes pendant les trois millénaires d’histoire mésopotamienne, l’une plus onéreuse économiquement (porte « en tenaille »), l’autre plus simple (porte-passage), chacune dotée d’avantages spécifiques. Le nombre des portes dépend de nécessités urbaines et de significations symboliques, tandis que leur emplacement est en grande partie dû à des raisons militaires. Les fonctions des portes sont difficiles à saisir du pont de vue archéologique, ainsi les sources textuelles offrent plusieurs indices de leur utilisation comme lieu : de réunions, de jugements, de marchés et d’échanges économiques, ainsi que de cérémonies religieuses et de proclamations publiques… D’après l’iconographie, les portes n’étaient pas les cibles préférées dans les sièges, qui se concentraient plutôt sur l’enceinte. L’apparence massive des portes devait provoquer des sensations de crainte et a ainsi diminué les risques d’attaque (« fortification dissuasive »).


Christine Proust – Les bâtisseurs de remparts avaient-il besoin de mathématiques ? Quelques témoignages puisés dans des tablettes mathématiques paléo-babyloniennes provenant de Babylonie du nord (p. 249-276).

Peu de textes mathématiques font référence explicitement à des tâches de nature militaire. Une exception remarquable est constituée par un petit groupe de tablettes d’époque paléo-babylonienne provenant probablement de la région de Sippar. Calculer la pente d’une rampe d’accès à une forteresse, évaluer le travail nécessaire au creusement de douves et à la construction de murailles, agrandir l’enceinte d’une ville circulaire, tels sont par exemple les problèmes traités dans ces tablettes. Ces problèmes mathématiques étaient-ils destinés à résoudre de réels problèmes techniques, ou bien, à l’inverse, la construction des remparts n’était-elle qu’une source d’inspiration pour l’imagination mathématique d’érudits peu impliqués, en réalité, dans la réalisation de ces travaux ? L’analyse de ces problèmes peut-elle donner des indications sur les connaissances mathématiques requises pour mener à bien les travaux de construction des ouvrages de défense ? Quelles étaient les relations entre les milieux savants et les milieux qui étaient en charge de la mise en œuvre de grands travaux militaires ? Cette contribution a pour but d’apporter quelques éléments de réponse à ces questions en examinant un choix de problèmes puisé dans ce groupe de tablettes mathématiques. Une attention particulière est accordée à des détails tels que la typologie des tablettes où sont inscrits les textes, les erreurs qu’on peut y détecter, les indications sur les ordres de grandeur – ou leur absence –, ainsi que la présence de colophons et leur contenu.


Alice Mouton – Rituels hittites à exécuter avant ou après le combat (p. 277-288).

Les rituels curatifs hittites traitent souvent de la souillure occasionnée par le contact avec le corps mort voire par la défaite sur le champ de bataille. Ils fournissent aussi plusieurs techniques préventives destinées à protéger le combattant. Il arrive même que des cérémonies aient lieu en même temps que se déroule, dans un autre lieu, la bataille. Cette présentation offrira un tour d’horizon de ces rituels, ainsi qu’une analyse de leur contenu.


Catherine Wolff – De quelques particularités concernant l’armée romaine (p. 289-299).

L’article fait le point à propos de l’enrôlement au sein de l’armée romaine : modalités (qui ont varié, mais le dilectus reste fondé sur la notion de choix), identité des hommes mobilisés (outre les citoyens romains, sont également enrôlés les peuples et alliés de nom latin, qui deviennent citoyens romains après la guerre des Alliés, et les soldats fournis par les peuples conquis et alliés et regroupés dans les troupes auxiliaires à l’époque impériale) et composition de l’armée. Auguste a profondément modifié les structures de cette armée : de non permanente et non professionnelle qu’elle était à l’époque républicaine, fondée sur un principe censitaire, elle devient une armée permanente et professionnelle avec trois ensembles principaux : la garnison de Rome, l’armée stationnée dans les provinces et la marine. Elle reste cependant une armée de conscription. Tous ces éléments font de l’armée romaine un cas particulier par rapport aux autres armées de l’Antiquité.



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