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Revue internationale d'Histoire Militaire Ancienne. N°4/2016

Revue internationale d'Histoire Militaire Ancienne. N°4/2016

Tyrannis, basileia, imperium, les composantes militaires des légitimités politiques dans le monde gréco-romain (Ve siècle avant-IVe siècle après J.-C.)




Résumé   |   Sommaire   |   Fiche technique

RÉSUMÉS


Gerbert Bouyssou – Les tyrans syracusains et la qualification par la victoire : les fonctions de stratège autocratôr de Gélon à Agathocle, ve-iiie siècles avant J.-C. (p. 17-32). À Syracuse, la charge de stratège autocratôr a souvent été perçue comme une étape obligée dans le processus d'accession à la tyrannie : à travers l'examen des prises du pouvoir de Gélon, Denys l’Ancien et Agathocle, nous verrons que cette affirmation doit être relativisée, même si, en Sicile, la victoire militaire qualifiait effectivement pour l’autorité suprême.


Jean-Christophe Couvenhes – Le portrait de Nabis et de ses mercenaires par Polybe 13.6.1-10 et 8.1-2 : quels gardes du corps pour quelle légitimité politique ? (p. 33-56). Nabis dirigea la cité hellénistique de Sparte durant une quinzaine d’années, de la bataille de Mantinée de 207 jusqu’en 192 av. J.-C., année où il fut assassiné. Le portrait que dresse Polybe, au livre XIII de ses Histoires, caractérise Nabis comme un tyrannos. N’est-il pas possible aussi de considérer le personnage comme un basileus ? Pour cela, il faut revenir sur le portrait polybien et sur la place qu’y occupent ses mercenaires. Ne peut-on pas considérer les mercenaires de Nabis comme une garde royale ?


Pierre-Olivier Hochard – L’usurpation d’Achaios : une expérience originale de monarchie militaire ? (p. 57-70). Qu’il s’agisse de l’usurpation de Molon en 222 ou du processus d’émancipation des Hautes Satrapies (Sogdiane et Bactriane), la seconde moitié du iiie siècle apparaît dans l’histoire du domaine séleucide comme une période de fragilisation du pouvoir dynastique et surtout de fractionnement du royaume. Dans cette dynamique, l’Asie Mineure occupe une place particulière. Cette région est en effet le théâtre d’une émancipation politique menée par les dynastes de Pergame. Elle est aussi le point de départ de deux usurpations menées par des membres de la famille royale (Antiochos Hiérax et Achaios) qui, forts de leur pouvoir militaire, tentent de légitimer leur processus d’accession à la fonction suprême. Il semble pourtant que l’usurpation d’Achaios présente une réelle singularité. Auréolé de ses victoires et de son prestige militaire, appuyé par des troupes fidèles qui le proclament roi, Achaios inscrit sa démarche politique dans le processus militaire propre aux monarchies hellénistiques. Tant par son action militaire que par les symboles de son pouvoir, Achaios ne semble pourtant pas se dresser contre les fondements institutionnels du royaume de Séleucos Ier, ni contre le roi légitime. Achaios n’a-t-il pas tenté d’instaurer en Asie Mineure une monarchie indépendante nourrie de l’idéologie séleucide ? L’usurpation d’Achaios ne serait-elle pas alors une expérience originale de monarchie militaire, « sœur cadette » de celle d’Antiochos III, roi issu de la branche aînée de la dynastie ?


Raphaëlle Laignoux – Les chefs et leurs troupes : s’assurer la fidélité des soldats pendant les guerres civiles des années 44-30 (p. 71-94). Les années 44-30 constituent une période de guerre civile intense, durant laquelle les rivalités politiques sont souvent résolues sur le champ de bataille. Cette prégnance de la guerre pour arbitrer les divisions politiques donne évidemment une importance cruciale aux soldats, mais entraîne aussi le renouvellement durant la période des pratiques d’interaction entre un « chef » et ses troupes. En effet, pour fidéliser leurs hommes, les principaux prétendants au pouvoir de la période, que l’on ne peut pas présenter simplement comme des hommes « charismatiques », se voient forcés de développer des stratégies qui, tout en reprenant souvent des pratiques existantes (dons matériels, contiones...), sont utilisées dans des combinaisons et avec une systématicité tout à fait inédites. Cet article étudie les interactions précises qui lient les principaux prétendants au pouvoir et leurs soldats, dont ils cherchent à obtenir l’adhésion et l’engagement dans une période de concurrence exacerbée. Cette étude des pratiques de légitimation entre 44 et 30 permet aussi de (ré)évaluer le poids pris par la sphère militaire dans la vie politique romaine entre République et Principat.


Dorian Bocciarelli – La légitimation de l’empereur par le consensus exercituum pendant l’année des Quatre Empereurs (p. 95-112). La mort de Néron fuit suivie d’une période de guerres civiles, la plus importante que le principat ait connue jusqu’alors. À la différence des princes Julio-Claudiens, les quatre empereurs qui se sont succédé pendant les années 68-69 apr. J.-C. n’avaient aucun lien de parenté avec le fondateur du nouveau régime, et ils ne pouvaient pas, à ce titre, revendiquer une quelconque légitimité dynastique. Pour pallier cette difficulté, les candidats à l’empire se sont appuyés sur le consensus uniuersorum, dont une des principales composantes était le consensus exercituum, sans doute la plus importante en cette période de guerres civiles qui voyaient les légions acclamer leur légat dans les provinces de l’Empire. C’est cette notion et sa matérialisation iconographique sur les monnaies émises durant l’année des quatre empereurs que nous nous proposons d’analyser.


Sylvain Janniard – Accession au pouvoir impérial et consensus des troupes au ive siècle après J.-C. (p. 113-126). Dans la seconde moitié du iiie siècle, les rapports plus étroits entre le pouvoir impérial et son armée ont amené l’institution militaire à mettre en place des mécanismes précis pour garantir l’assentiment des troupes à un candidat à la fonction suprême. La contribution s’attache à montrer ces mécanismes à l’œuvre dans quelques proclamations bien documentées du ive siècle. Après un rappel des circonstances présidant au choix d’un nouvel empereur et des qualités attendues de sa personne afin de provoquer la plus large adhésion, la contribution se concentre sur deux moments précis : la recherche du consensus dans le groupe militaire qui proclame l’empereur, à partir de l’exemple de la proclamation de Valentinien en 364 ; l’obtention, parfois complexe, de l’assentiment de toutes les armées impériales à un nouvel empereur. Le dossier rassemblé permet d’écarter l’idée encore répandue d’une armée tardive fondamentalement putschiste.


ABSTRACTS


Gerbert Bouyssou – Qualifying for rulership: the victories of the Syracusan tyrants and the functions of strategos autokrator from Gelo to Agathocles (5th-3rd century BC) (p. 17-32). In Syracuse the strategos autocrator function has often been considered as an obligatory step in the process of tyranny. By analysing Gelo, Dionysius the Elder and Agathocles coups d’état we shall be less affirmative, even if, in Sicilia, military victory qualified indeed for supreme power.


Jean-Christophe Couvenhes – The polybian portrait of Nabis and his mercenaries, in Histories 13.6.110 and 8.1-2: what bodyguards for what political legitimacy? (p. 33-56). Nabis ruled the Hellenistic city of Sparta for about fifteen years, from 207 to 192 BC., when he was assassinated. The polybian portrait of Nabis and his mercenaries, in Histories 13.6.1-10 and 8.1-2, characterizes Nabis as a tyrannos. Why can’t we consider Nabis as a basileus? We have to reconsider the polybian portrait of nabis and his mercenaries. Can’t this merceneraies be regarder as a royal guard?


Pierre-Olivier Hochard – Achaeus’ usurpation: an original experience of military monarchy? (p. 57-70).
The second-half of the third century looks like an area of Seleucids’ weakness and splitting of their kingdom. Molon’s usurping in 222 BC or sedition of Sogdian and Bactrian illustrate this dynamic, in which Asia Minor occupies a very singular place. Dynasts political emancipation from Attalids’ rule started in this region, where two dynasty-members – Antiochus Hierax and Achaeus – tried to legitimate their royal claim by military power. Achaeus’ usurpation could yet be very particular. His political and military approach (victory, acclamation by an army…) seems, indeed, to be in keeping with basis of Hellenistic monarchies. However, Achaeus didn’t seem to rise against the royal institutions or the lawful king. Did Acheus try to establish in Asia Minor an independent kingdom based on Seleucid’s ideology? Could Achaeus’ usurpation thus be an original experience of military power, foreshadowing Antiochus III’s monarchy?


Raphaëlle Laignoux – The leaders and their troops: ensuring the loyalty of soldiers during the civil wars (44-30 BC) (p. 71-94). During the intense civil wars of the period spanning from 44 to 30, political rivalries were often sorted out on the battlefield. Not only did the role played by war in the resolution of political conflicts put the soldiers in a particularly forward position, it also changed the dynamics between the leaders and their troops. Indeed, in order to consolidate their loyalty, the aspiring leaders, who cannot be merely described as "charismatic", developped various strategies. These strategies reproduced existing practices, such as material rewards, contiones, etc., but their frequency was dramatically increased and they were combined in new ways. This paper tackles the concrete interactions between leaders and soldiers in this time of competition for power. Examining the legitimizing processes in the military sphere between 44 and 30 will allow us to reevaluate the weight given to the army and the role it played in the transition from Republic to Empire.


Dorian Bocciarelli – Legitimizing the emperor: consensus exercituum during the Year of the Four Emperors (p. 95-112). The death of emperor Nero was followed by a period of civil wars, the most important during the principate. Unlike the Julio-Claudians, the four emperors who succeed each other during the years AD 68-69 had no family relationship with the founder of the principate. Therefore, they could not assert their legitimacy as members of Augustus’ family. In order to overcome this difficulty, the contenders based their legitimacy on the consensus uniuersorum and especially on the consensus exercituum, undoubtedly its most important part during this civil war in which legionaries proclaimed their legati emperors in the provinces. The aim of this paper is to describe and analyse the consensus exercituum as a coin type on the roman coins minted during the year of the four emperors.


Sylvain Janniard – Rise to power and the consensus of the troops in the 4th century AD (p. 113-126).
From the second half of the 3rd century AD on, because of new relations between the imperial power and its army, the military institution sets up mechanisms to ensure that the troops give their approval to a candidate for the highest imperial office. These mechanisms will be studied for some well documented imperial proclamation in the 4th century. First, the circumstances which dictate the choice of a new emperor and the qualities expected from him to gain the largest support will be examined. Then the study will concentrate on two key moments: first the search for the consensus in the military group which proclaims the emperor (with the example of Valentinien in 364); then the sometimes complex moves to gain the approval of all the imperial armies to a new emperor. These key moments allow us to rule out the idea of a fourth century army only moved by putschists.



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