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Études de linguistique appliquée - N°4/2011

Études de linguistique appliquée - N°4/2011

Traduire des français : des mots et des mondes


coordonné par Annick Farina et Valeria Zotti


Résumé   |   Sommaire   |   Fiche technique

Traduction littéraire et enjeux nationaux : le cas de la littérature québécoise en Italie et dans le monde hispanophone

Résumé : La traduction d'une œuvre littéraire va bien au-delà de la seule portée littéraire du texte source. Elle a un rôle plus universel, qui s’appuie sur le fait que la traduction n’existe pas dans l’abstrait et en vertu des seules difficultés qu’offrent les langues dans l’absolu. Ainsi, les choix effectués dépendent au premier chef des orientations idéologiques, du poids des cultures les unes par rapport aux autres, des décisions d’ordre éditorial et politique, et enfin des stéréotypes entretenus entre les cultures. Dans ce contexte, le traducteur d’un roman ne fait pas simplement un métier de passeur entre une culture et une autre ; il est le véhicule d’une intention plus ou moins articulée, voire plus ou moins consciente, et il s’inscrit clairement dans un rapport de force, de faiblesse, de lutte éventuellement, entre un groupe culturel et un autre. Afin de mieux comprendre cette problématique, il faut se poser les questions suivantes : Qui parmi les auteurs d’un pays traduit-on ? Qui les traduit et les publie ? Pour qui les traduit-on ? Comment les traduit-on ? Dans quel but les traduit-on ? Le cas des auteurs québécois traduits en Italie et en Espagne est à cet égard exemplaire.

Les canadianismes, ces inconnus les traductions italiennes de Maria Chapdelaine de Louis Hémon
Résumé : Maria Chapdelaine de Louis Hémon est un classique de la littérature du Canada français. Publié après la mort de son auteur d’abord en France, en 1914, sous forme de feuilleton et ensuite au Canada, en 1916, sous forme de livre, ce chef-d’œuvre a connu plusieurs rééditions dans le monde entier. En Italie, il a été traduit cinq fois : la première par Lorenzo Gigli en 1924 et la dernière par Ugo Piscopo en 1986. Ce roman contenant presque une centaine de particularités linguistiques du français parlé au Canada au début du XXe siècle, dans cette étude nous montrons que les stratégies adoptées par les traducteurs pour rendre en italien certains canadianismes ne sont pas toujours cohérentes et pertinentes.

Réflexions méthodologiques sur une traduction en espagnol de Gouverneurs de la rosée (1944) de Jacques Roumain, auteur haïtien
Résumé : On se penche dans cet article sur quelques problèmes de traduction vers l’espagnol d’un ouvrage littéraire antillais, le célèbre roman Gouverneurs de la rosée (1944) de l’auteur haïtien Jacques Roumain, à partir d’une traduction publiée en 1971 à La Havane. On s’intéresse plus particulièrement au défi représenté par la traduction vers l’espagnol des antillanismes qui abondent dans ce roman. Une sélection de diatopismes bénéficiant d’une note de bas de page de la part du traducteur seront présentés sous forme d’articles de dictionnaire historico-comparatif, et leur traduction en espagnol sera commentée. L’on verra que les choix de traduction sont plus souvent « sourciers » que « ciblistes », bien que l’espagnol régional des Caraïbes permette souvent de réconcilier les deux approches. On montrera également que la méconnaissance du créole et du français d’Haïti est responsable d’un certain nombre de traductions erro-nées, situation à laquelle on ne peut remédier que par l’élaboration de nouveaux outils lexicographiques adaptés à la variation diatopique qui règne en francophonie.

La transposition des mots et des mondes : pour la constitution d’une base parallèle de traductions italiennes de la littérature québécoise
Résumé : Dans cet article est décrit le projet de constitution d’une base parallèle français québécois-italien (QU-IT) en cours de réalisation. Cette base, qui recueillera les citations littéraires ayant déjà fait l’objet d’un recensement dans le Fichier Lexical du TLFQ, permettra d’accéder automatiquement aux différents tradui-sants proposés dans les traductions italiennes des principaux ouvrages littéraires québécois. Elle constituera un outil de documentation et d’analyse pour les traducteurs, les lexicographes bilingues et les apprenants du FLE qui s’approchent des variétés diatopiques de la langue française, afin qu’à l’avenir la transposition des mots et des mondes en italien soit plus respectueuse de la pluralité linguistique et culturelle de la Francophonie.

Les « realia francophones » dans les dictionnaires : le modèle d’une traduction exotisante
Résumé : Les Italiens qui traduisent des auteurs francophones provenant d’autres pays que la France ne peuvent le plus souvent se fier qu’aux outils linguistiques dont ils disposent (les dictionnaires) pour com-prendre des mots spécifiques à ces pays ou se référant à des objets ou concepts particulièrement ancrés à l’intérieur des frontières de ceux-ci plutôt que dans celles de l’Hexagone. Or, les dictionnaires du français traitent généralement les « realia francophones » (des mots se référant à des « réalités culturelles » typiques d’un lieu donné) comme des mots (et non des référents) particuliers à des variétés de français, les condamnant ainsi à rester en marge du « français de référence ». Les dictionnaires bilingues français-italien basent pour leur part le traitement de ces mots sur ce qu’ils trouvent dans les monolingues et ajoutent à une marginalisation géographique présente dans ces ouvrages une marginalisation « de traduction » en les enfermant dans l’exotisme de l’« intraduisible ».

La traduction des realia dans deux romans de Côte-d’Ivoire et de Martinique
Résumé : Cet article a pour objectif la traduction italienne de mots qui désignent des réalités spécifiques à la culture source qui sont contenus dans deux romans provenant d’aires francophones très différentes : l’œuvre ivoirienne Les soleils des indépendances de Kourouma et le roman martiniquais Texaco de Chamoiseau. Les procédés de traduction employés par les traducteurs italiens ont été pris en examen afin de voir l’appropriation ou moins des œuvres par la culture cible et les réactions de ces traducteurs face aux problèmes traductologiques posés par les œuvres francophones.

Idiomes français à l’international : la traduction du terme gender et des syntagmes dérivés au Par-lement européen (2004-2009)
Résumé : Dans les rapports finaux publiés en 2004-2009 au Parlement européen, nous observerons les traductions françaises du terme anglo-américain gender et des syntagmes dérivés. D’abord traduit par « homme-femme/sexe » et plus rarement par « genre », il semble subir une variation importante à partir de 2007, lorsque la fréquence du calque structural l’emporte dans beaucoup de syntagmes. Si le travail d’acculturation d’un terme demande un processus inverse (du calque structural au calque sémantique), la variation diachronique de gender en français ne peut s’expliquer qu’à partir d’une volonté politique et d’un positionnement précis de la part des acteurs concernés, entre autres des traducteurs, qui contribueraient à forger l’imaginaire collectif et la culture d’une société mondialisée.



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