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Études de linguistique appliquée - N°2/2009

Études de linguistique appliquée - N°2/2009

Voix et voies de la lexiculture en lexicographie


Coordonné par Jean Pruvost


Résumé   |   Sommaire   |   Fiche technique

Quelques perspectives lexicographiques à mesurer à l'aune lexiculturelle
Rappeler ou faire découvrir que derrière les constats premiers, la dimension lexiculturelle est omniprésente dans nos dictionnaires, parfois à l’insu des lexicographes, telle est la première démarche. Ce qu’on croit être absolu ne l’est en rien. Sans la connaissance lucide des contextes, multiples, point de métalexicographie et en principe pas de lexicographie pertinente. La doxa du moment est faite pour évoluer, notamment en matière de décloisonnement des genres et d’illustration des référents. Le dictionnaire, œuvre structurée, lié plus que tout autre aux nouvelles techniques, aux besoins et représentations du public, constitue une œuvre lexiculturelle par excellence.

Le Dictionnaire de l’Académie française :
entre bon usage et culture
Creuset du bon usage, et d’une langue partagée et ouverte sur le monde, la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française est aussi un condensé de cultures.

La lexiculture dans le Dictionnaire québécois d’aujourd’hui (1992)
de Jean-Claude Boulanger :
étude des lettres A et B
Le Dictionnaire québécois d’aujourd’hui représente le premier dictionnaire dans lequel le lexique a été présenté en partant du point de vue québécois, le premier sens offert dans l’article étant celui du locuteur francophone québécois. Dictionnaire très innovant, bien que critiqué dès sa parution, il se révèle particulièrement intéressant à analyser d’un point de vue lexiculturel.

Le Dictionnaire d’un pays, le pays d’un dictionnaire. Un type particulier
de dictionnaire lexiculturel
Lors de la consultation d’un dictionnaire, les lecteurs sont à la recherche des définitions les plus explicites possibles. Ainsi, la lexiculture fait-elle cruellement défaut dans les dictionnaires de langue ou encyclopédiques dans la mesure où ce sont justement les connotations culturelles partagées que révèle la lexiculture et non de classiques définitions, pour ainsi dire neutres. Or depuis 2007, une nouvelle collection d’une jeune maison d’édition – les Éditions des Silves – propose des dictionnaires consacrés à divers pays, offrant délibérément différents aspects culturels et lexiculturels, au-delà de la définition classique des mots retenus. Les rédacteurs des dictionnaires de la collection « Pays, Mots et Dictionnaires » utilisent en effet à la fois des dictionnaires anciens, mal connus, mais aussi des témoignages plus récents pour signaler l’évolution permanente de notre perception « partagée », implicite, en tant qu’étrangers à la culture de tel ou tel pays décrit.

Les Dictionnaires détournés :
un trait d’union entre néologie et « pragmatique lexiculturelle »
Comment la lexiculture peut-elle participer à la compréhension des néologismes ? En prenant l’exemple de ce que nous avons nommé dictionnaires détournés, dictionnaires de néologismes, il est aisé d’illustrer en quoi la notion de lexiculture s’avère déterminante et indispensable dans l’interprétation des nouvelles lexies ou de nouveaux sens. Qu’il s’agisse en effet d’innovations morphologiques ou sémantiques, les mots se dotent d’une « charge culturelle partagée » qui renvoie à des réalités beaucoup plus vastes que leurs définitions sémantiques.

Les noms propres
dans le vocabulaire politique québécois :
pour une approche lexiculturelle
C’est récemment, depuis la fin du XXe siècle, que les linguistes s’intéressent aux noms propres et que les lexicographes commencent à intégrer cette réflexion au sein même de la partie langue de leurs dictionnaires. Ainsi, les noms propres dans le vocabulaire politique, pour se limiter à un seul domaine, constituent-ils des éléments indispensables de la langue-culture. Bien des incohérences sont encore constatées dans le traitement des noms propres relevant du vocabulaire politique au sein des dictionnaires usuels d’où l’intérêt de les repérer, tout en mettant en place des stratégies. Une conclusion s’impose : les noms propres du vocabulaire politique sont aussi importants que les noms communs pour comprendre une langue-culture, ici celle du Québec.

La perception de la culture italienne
par les apprenants français :
Le Larousse Petit italien
Le fait même que l’italien soit proche de la langue française avec pour source directe le latin ne doit pas faire oublier combien les apprenants français ont besoin de découvrir la culture italienne dans sa dimension lexiculturelle. À cet égard, la pratique des encadrés culturels, des notes, des exemples, récente dans les dictionnaires bilingues est très précieuse. Si elle reste à perfectionner, à rendre plus homogène et efficace, l’analyse qui en est faite ici pour un dictionnaire destiné à apprendre l’italien montre assez qu’il s’agit d’une nouvelle voie qu’il convient de ne cesser d’ouvrir et d’élargir.

L’écart culturel
dans les dictionnaires bilingues. Dictionnaires français-arabe, arabe-français
L’écart culturel entre deux pays reste sans doute le plus gros problème à résoudre dans le cadre de la lexicographie bilingue, notamment lorsqu’il s’agit de civilisations distinctes, comme doivent en rendre compte les dictionnaires arabes-français ou français-arabe. Il importe de rappeler sans cesse que les mots n’ont par leur exacte traduction dans une autre langue mais au mieux un équivalent. En prenant par exemple le mécanisme de l’euphémisme ou en s’intéressant aux différentes désignations liées à des réalités telles que le chameau ou le cheval, on perçoit clairement les difficultés des lexicographes dans l’élaboration des dictionnaires bilingues. Et par là-même, ils sont amenés à rechercher des stratégies permettant ne pas oublier la dimension lexiculturelle des mots, essentielle pour le locuteur non natif.

Réflexion-compte rendu pour un dictionnaire technique français-anglais. La Publicité de A à Z de Claude Cossette
On sait combien Robert Galisson a poussé loin la réflexion dans le domaine des noms de marque, avec notamment, publié en 1998, le Dictionnaire des noms de marques courants. Essai de lexiculture ordinaire, chez Didier Érudition (INaLF, CNRS), ouvrage très efficace rédigé en collaboration avec Jean-Claude André. S’intéresser ici à un dictionnaire québécois consacré à la publicité, en termes de compte rendu et d’analyse, peut se révéler pertinent pour conclure le numéro avec, en somme, un regard sur un « dictionnaire de spécialité », selon la formule quémadienne.



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