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Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes volume 86

Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes volume 86

Fascicule 2




Résumé   |   Sommaire   |   Fiche technique


Dominique ARNOULD – Des poulpes et des seiches aux amphidromies (p. 7-11)
À propos des amphidromies, les lexicographes mentionnent bizarrement que les proches envoient comme présent des poulpes et des seiches. En réalité, ce cadeau qui a si peu de valeur marchande a un but thérapeutique : il s'agit d’aider la mère, par un régime alimentaire approprié, qui est mentionné dans le corpus hippocratique, à se remettre de son accouchement.


Dominique ARNOULD – Offering octopus and sepias for the amphidromia (p. 7-11)
Concerning the amphidromia, some lexicographers quite strangely tell that the relatives send octopus and sepias as a gift. In fact, this poor gift has a therapeutic purpose: it is meant as a diet, which we find in the hippocratic corpus, helping the mother to recover from delivery.


Jacqueline ASSAËL – Le verset 4, 2 de la Deuxième Épître aux Corinthiens : un raisonnement sur le mode du « selon que » (p. 13-24)
Tout au long de la tradition exégétique, les traductions et les commentaires des versets 4, 1-2 de la Deuxième Épître aux Corinthiens font entrer ce passage en contradiction interne avec la doctrine typiquement paulinienne de la justification par la grâce. Car l’apôtre semble se vanter de ses mérites personnels. Mais cette interprétation n’est autorisée que par la sous-évaluation du poids syntaxique pris par la conjonction καθώς introduite dans le verset 1. Ce terme définit en effet un point de vue transcendant selon lequel les actes de Paul et de ses compagnons sont réhabilités. Le texte illustre ainsi l’idée d’une superposition de deux plans, l’un humain, l’autre divin, sous l’angle desquels la valeur des comportements est appréciée différemment, selon les critères de la morale ou de la grâce.

Jacqueline ASSAËL – The Verse 4: 2 of the Second Epistle to the Corinthians: A reasoning in the mode of "according to" (p. 13-24)
Throughout the exegetical tradition, the translations and the commentaries of the verses 4: 1.2 of the Second Epistle to the Corinthians put this text in contradiction with the typically Pauline doctrine of justification by grace. For the apostle seems to boast of his personal merits. But this interpretation is authorized only by the undervaluation of the syntactic weight taken by the conjunction καθώς introduced in verse 1. This term indeed defines a transcendent view according to which the acts of Paul and of his companions are rehabilitated. The text thus illustrates the idea of a superposition of several planes, one human and one divine, from the perspective of which the value of behaviors is assessed differently according to the criteria of morality or of grace.


Francesca Prometea BARONE – La justice privée chez les chrétiens au IVe siècle d’après la correspondance de Basile de Césarée (p. 25-39)
L’arbitrage et l’episcopalis audientia ont été examinés par les juristes et les historiens du droit d’après les sources juridiques. Toutefois, la perception par les chrétiens eux-mêmes de ces formes particulières de justice, leur mise en pratique et leur efficacité, telles qu’elles apparaissent à travers le témoignage de la littérature chrétienne d’Orient au IVe siècle, n’ont fait l’objet d’aucune recherche. Mon étude vise à esquisser les caractéristiques des formes de justice privée pratiquées par les chrétiens au IVe siècle d’après la correspondance de Basile de Césarée. Le témoignage de ce dernier constitue une source particulièrement significative, dans la mesure où Basile lui-même exerça la fonction de « juge » en tant qu’évêque. Par ailleurs, son rôle de métropolitain de l’Église de Cappadoce, sa renommée dans le monde
chrétien de l’époque, l’éventail de ses relations « amicales » ainsi que son esprit pragmatique, lui permirent d’être le témoin – et souvent l’acteur – d’un grand nombre de conflits, à l’intérieur de sa province ou même loin de son territoire.

Francesca Prometea BARONE – Private justice in Eastern Christianity during the 4th century according to Basil of Caesareas (p. 25-39)
Arbitrage and episcopalis audientia have been studied by jurists and law historians following legal sources. However, Christians’ understanding of these specific forms of justice, their application and their efficacity, as showed in Eastern Christian literature during the 4th century, have never been investigated.
This contribution outlines distinctive features of private justice known by the Christians in the 4th century according to Basil of Caesarea. Basil represents a very important source because he was himself a bishop and, as such, also a judge. Moreover, his role of metropolitan bishop of Cappadoce, his reputation in the Christian world, his friendships and his pragmatic approach made him a witness and often an actor of many conflicts, in his province or even far from his land.

Marie-Thérèse CAM, Yvonne POULLE-DRIEUX et François VALLAT – Canini, crochets et dents de loup du cheval d’Aristote à Végèce (mulom. 3, 5) (p. 41-64)
Faisant suite aux quatre premiers chapitres d’anatomie du livre 3 des Digesta artis mulomedicinalis de Végèce, présentés sous forme de fiches de synthèse (squelette et os, morphométrie du poulain de trois mois, « nerfs » et veines), énumératifs et tirés d’une source anonyme, le chapitre 5 sur l’évaluation de l’âge du cheval par les dents et d’autres marques corporelles s’inscrit dans une longue lignée de textes depuis Simon d’Athènes. Hérité de la tradition indirecte de Columelle, il a fait l’objet d’interventions de l’auteur visant à corriger des maladresses. La difficulté d’interprétation réside, entre autres, dans la polysémie de canini, qui désigne à la fois les deux dents de loup de la mâchoire supérieure du poulain, prémolaires qui tombent habituellement à peu près dans le même temps qu’apparaissent d’autres canini, les crochets permanents, à partir de quatre ans : la forme conique et pointue de ces dents, semblables à des dents de carnassier, leur a valu une appellation identique en grec et en latin.


Marie-Thérèse CAM, Yvonne POULLE-DRIEUX et François VALLAT – Canini, permanent canines and wolf teeth of the horse, from Aristotle to Vegetius (mulom. 3, 5) (p. 41-64)
Following the four first chapters on anatomy of Vegetius’ Digesta artis mulomedicinalis third book, in the form of synthetic and enumerative synopses (skeleton and bones, the three-month-old foal’s morphometry, “nerves” and veins), without known origin, the fifth chapter dealing with the estimation of age with teeth and other body marks, belongs to a long series of texts from Simon of Athens. Inherited from Columella, by indirect tradition, the passage’s mistakes have been corrected by our author. The difficulties of understanding consist, for example, in the polysemy of canini, which signify both the two wolf teeth of the foal’s superior jaw, premolars which usually fall roughly at the same time that the other canini appear, permanent canines, from four years old: their conical and pointed shape, similar to carnivore teeth, explains that the same word has been used in the Greek and Latin texts.

Camille DENIZOT – La double négation et le tour οὐδεὶς οὐκ ἦλθεν (p. 65-90)
L’objet de cette étude est de contester l’existence en grec ancien d’une règle du type οὐδεὶς οὐκ ἦλθεν, selon laquelle lorsqu’un mot-N précède une négation propositionnelle, les deux négations ont le sens d’une affirmation. Une explication est proposée pour les rares exemples à l’origine de cette « règle ».


Camille DENIZOT – Double negative and the pattern οὐδεὶς οὐκ ἦλθεν (p. 65-90)
The aim of this paper is to deny the existence of a rule such as οὐδεὶς οὐκ ἦλθεν, according to which, when a N-word is used before a propositional negation, the two negations have an affirmative meaning. The occurrences that account for the elaboration of this « rule » receive an explanation.

Annick LALLEMAND – Le vase à parfum a-t-il été brisé à Béthanie ? Quelques réflexions sur le sens de συντρίψασα dans l’Évangile de Marc, 14, 3 (p. 91-100)
Le verset de Marc, 14, 3 est compris comme l’acte d’une femme qui brisa un flacon en albâtre contenant du nard très coûteux avant de le verser sur la tête de Jésus chez Simon le lépreux avant la Passion ; or cette suite de gestes n’a pas de logique. On doit donc s’interroger sur les sens possibles du verbe συντρίψασα (frotter ensemble avec vigueur, briser en morceaux). Ἀλάβαστρον ne devrait pas être traduit par « flacon en albâtre », mais « vase à parfum », car la matière n’est pas précisée ici. La femme a pu briser le cachet qui maintenait le bouchon. Elle a pu aussi, comme c’était l’habitude, triturer le mélange visqueu avant de le verser. Le sens figuré « le coeur brisé » qui conviendrait ici, doit être écarté à l’actif en l’absence de complément à l’accusatif. L’acte de briser le vase a dû remplacer le geste banal d’ouvrir un vase ou celui de malaxer un parfum gras, pour accentuer le caractère dramatique et exceptionnel de la scène.

Annick LALLEMAND – Was the perfume bottle broken in Bethany? Some thoughts on the meaning of συντρίψασα in Mark14, 3 (p. 91-100)
The verse in Mark 14, 3 is usually understood as describing the gesture of a woman who broke an alabaster flask of pure nard, very costly, before pouring it over the head of Jesus in the house of Simon the leper before the Passion. And yet, such a sequence of actions does not make sense. One must reflect on the possible meanings of the verb συντρίψασα (to rub vigorously, to break into pieces). Ἀλάβαστρον should not be translated as “alabaster flask”, but as “perfume vessel” for the material is unspecified here. The woman may have taken the seal off the vessel’s lid. Or, as usual, she may have stirred the viscous mixture before pouring it. The figurative meaning “broken-hearted” which would be appropriate, must be ruled out in the active voice as there is no complement in the accusative. Breaking the vessel must have replaced the more common action of opening a flask or of stirring a semisolid ointment in order to emphasize the exceptionally dramatic nature of the scene.

Nicolas L.J. MEUNIER – Ennius, les astres et les théories anciennes de la vision. À propos de Sol albus et radiis icta lux (v. 84-85 Sk) (p. 101-121)
Cet article se propose de revenir sur l’un des plus longs et des plus célèbres fragments que nous ayons conservés des Annales d’Ennius : la prise d’auspices de Romulus et Rémus citée par Cicéron dans son De diuinatione. Deux problèmes seront plus particulièrement abordés. Le premier concerne la mention du sol albus au vers 84 : un certain nombre d’arguments – qu’ils soient d’ordre lexicologique (l’opposition chez Ennius des mots albus et candidus ainsi que leur rapport avec le grec λευκός), stylistique (la métaphore des jeux du cirque et la transition des astres comme schémas suggestifs du « changement d’ère ») ou historique (les conditions de la prise d’auspices nocturnes) – nous poussent à revenir à l’interprétation initiale du sol albus comme astre lunaire. Le second problème abordé est relatif au syntagme radiis icta lux que l’on retrouve au vers suivant. Si la signification globale du passage se comprend aisément (apparition éclatante et radieuse de la lumière à l’aube), en revanche les choix lexicaux et grammaticaux opérés par Ennius laissent pour le moins perplexe. Or une étude des théories anciennes de la vision (et notamment de sa variante pythagoricienne dite « extramissionniste ») permet de résoudre le problème et de proposer une meilleure traduction.

Nicolas L.J. MEUNIER – Ennius, celestial bodies and ancient theories of the light. About sol albus and radiis icta lux (v. 84-85 Sk) (p. 101-121)
This paper aims to reconsider one of the longest fragments preserved from Ennius’ Annales, namely the famous passage where Romulus and Remus take the auspices presiding over the founding of Rome. Two problems will be addressed more specifically. The first one concerns the mention sol albus (v. 84): a
certain amount of arguments – be it lexicological (the opposition in Ennius between the words albus and candidus, as well as their relation with Greek λευκός), stylistical (the metaphor of the circus games and the transition of celestial bodies as suggestive patterns for a change of era) or historical ones (the conditions for auspice-taking by night) – prompt us to go back to the initial hypothesis identifying sol albus with the moon. The second problem concerns the phrase radiis icta lux that can be read in the following line. Of course, the general meaning of the passage is easily understood: it refers to the bright appearance of the light at dawn. And yet, Ennius’s lexical and grammatical choices do puzzle the reader. This article argues that a comparison with ancient theories of vision (and more specifically with its Pythagorean variant, known as “extramissionist”) sheds new light on the fragment and allows us to improve its translation.

Jocelyne PEIGNEY – La « vie bestiale » (θηριώδης βίος) au Ve et au IVe siècle : l’identité humaine et les réutilisations du motif (p. 123-141)
La vie « animale », thèriôdes bios, est un motif bien connu qui apparaît dans quelques textes grecs, du Ve siècle à l’époque hellénistique, et qui met en regard hommes et bêtes dans la peinture d’un état primitif de misère et de sauvagerie dont est sortie l’humanité avec l’essor de la civilisation. Si certains passages font
indiscutablement référence au cannibalisme des origines, les exemples du ve et du ive siècle montrent la diversité des manières de penser l’animal et l’identité humaine dont témoignent les auteurs, et la façon dont le motif de la « vie de bêtes » devient chez Critias et chez Isocrate un outil littéraire et un outil de la
réflexion.

Jocelyne PEIGNEY – The theory of a primitive animal-like life of human beings (θηριώδης βίος) in 5th- and 4th- century Greece (p. 123-141)
The representation of the primitive animal-like life of human beings is a well-known image that can be found in several Greek texts, from the 5th century BC onto the Hellenistic period. These texts all contrast animal-like life with human life, and some of them refer to a primordial cannibalism. By studying each
particular image of the thēriōdēs bios in the texts of the 5th and 4th centuries, this paper will acknowledge the variety of their approaches to animal and human identities. We will also see that Critias and Isocrates refer to the primitive animal-like life of humans in their own elaborations of a political or rhetorical theory.

Jean-François THOMAS – De terror à uereri : enquête lexicale sur des formes de peur et de crainte en latin (p. 143-168)
Au-delà des traductions par peur et crainte, apparaissent des différences sémantiques, qui bien sûr ne sont pas systématiques. Terror, c’est l’envahissement du sujet par une peur violente. Pauor – pauere s’appliquent plutôt à une vive inquiétude provoquée par un choc brutal, formido – formidare à une inquiétude forte et très prenante dans le temps. Vereri « craindre avec respect » signifie aussi « appréhender », c’est-à-dire prendre la mesure inquiète d’une situation dans sa durée et sa complexité. Timor – timere et metus – metuere ont une valeur plus générale, mais ils ne sont pas toujours équivalents. Timor – timere correspondent plutôt à « être en proie à la peur », metus – metuere à « se focaliser sur un objet de crainte ». En outre, timere et metus deviennent plus usuels que metuere et timor.

Jean-François THOMAS – From terror to uereri: a lexical inquiry into the forms of fear and dread in Latin (p. 143-168)
Behind the French translations as peur and crainte lie semantic differences that are, of course, less than systematic. Terror applies to a subject who experiences a violent fear. Pauor – pauere refer rather to a sharp anxiety brought about by a brutal shock, and formido – formidare to a deeper and lasting anxiety.
Vereri, “to fear with awe”, also means “to be apprehensive of”: i.e., an anxious assessment of a situation in its durability and complexity. Timor – timere and metus – metuere have more general meanings, without always being interchangeable: timor – timere corresponds to “being prey to fear”, and metus – metuere to
“focusing on the feared object”. Moreover, timere and metus come to be more frequent than metuere and timor.



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