Le Bêtisier du sociologue

Le Bêtisier du sociologue
  • 160 pages
  • Livre broché
  • 14 x 22 cm
  • Hourvari
  • Première publication : 2009
  • Dernier tirage :
  • CLIL : 3080
  • EAN13 : 9782252037317
  • Code distributeur : 35369
  • Export ONIX 3.0
English version

Livre expédié sous 24h ouvrées
Pour retrouver vos livres favoris

Présentation

Nous autres sociologues sommes payés pour être intelligents. Ce qui ne nous empêche pas, à l'occasion, de dire des bêtises...
Ce livre tente d'en répertorier les raisons : depuis le goût pour les généralités jusqu'au souci de défendre ses opinions, qui fait parfois déraper les "intellectuels engagés", en passant par la croyance aux arrière-mondes complotant dans notre dos, les erreurs de raisonnement, voire les manipulations rhétoriques qui embrouillent leurs auteurs autant que leurs lecteurs. Il y a même, paradoxalement, le désintérêt pour le réel, qui fait détourner pudiquement les yeux au passage des faits ; et aussi, plus profondément, la peur d'être seul, qui incite à penser "comme nous"…
Le lecteur intéressé par les chausse-trappes de la pensée trouvera dans ce petit répertoire un certain nombre d'exemples, mais pas de noms (du moins d'auteurs vivants) : se défendre contre la bêtise n'exige pas qu'on soit méchant.

Presse

Il faut avoir promené depuis plus de trente ans son carnet de notes et un regard amusé dans tous les couloirs où se pratique la sociologie en France pour oser commettre un Bêtisier du sociologue. Au long de vingt-deux chapitres écrits d'une plume alerte, l'auteur se livre donc à un véritable jeu de massacre. Elle y excelle.
Le Monde - 08/01/2010

En une volée de chapitres kamikazes, Nathalie Heinich offre les ailes pour accéder à une bêtise scientifique de haut vol. On savoure : ne pas oublier que la bêtise est aussi une confiserie.
Sciences Humaines - Janvier 2010

Que les piliers de comptoir se rassurent : ils ne sont pas les seuls à professer des âneries. Nathalie Heinich, sociologue au CNRS, s'attaque dans ce bêtisier salutaire à celles de ses collègues. Depuis les théories du complot à peine traduites en charabia scientifique jusqu'aux jugements hâtifs mal tirés de Bourdieu ou de Foucault, on pourra enfin contredire ces savants qui, même pétris de technique, se laissent aller à leurs sales manies.
Le Nouvel Observateur - 10/16 décembre 2009

Extrait de l'entretien entre Omar Merzoug et Nathalie Heinich O.M. — Nathalie Heinich, comment l'idée d'écrire un bêtisier des sociologues vous est-elle venue ? N.H. — Il s'agit d'une commande de mon éditeur, qui m'a demandé d'écrire sur la bêtise. J'ai commencé par refuser, et puis je me suis laissée tenter ; et chemin faisant, j'ai réalisé qu'il y avait beaucoup de choses à dire, à condition toutefois de ne citer nommément aucun sociologue vivant, pour ne blesser personne... O.M. — Maintenant que l'ouvrage est fait, quel en est l'intérêt ? Qu'est-ce que cela révèle ? N.H. — J'ai moi-même appris beaucoup en l'écrivant. J'ai notamment compris la cohérence de grandes familles de bêtises qui se sont dégagées à partir de la liste qui m'est venue à l'esprit — les miennes comme celles des autres. J'ai réalisé que c'étaient des types de sophismes, ou de déformations du travail intellectuel, dont j'avais déjà repéré certains mais que je n'avais pas identifiés de façon précise. Outre diverses confusions sémantiques et erreurs de raisonnement, voire les manipulations intellectuelles en bonne et due forme, il y a par exemple la « croyance aux arrière-mondes », avec son cortège de fausses énigmes, de théories du complot et de quête de transcendance ; il y a aussi le fait d'avoir « quelque chose à vendre », qui me heurte depuis longtemps car je pense que le savoir ne peut être réduit à un vecteur d'opinions personnelles, d'ailleurs rarement originales ; de même, la « peur d'être seul » m'est apparue comme une caractéristique très forte du milieu intellectuel, qui se manifeste par la formation de clans, de réseaux, de cliques, sur le plan non seulement relationnel mais aussi conceptuel. (...)
La Quinzaine littéraire - deuxième quinzaine novembre

Biographies Contributeurs

Nathalie HEINICH

Nathalie Heinich, sociologue au CNRS, est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur l'art, l'identité féminine et l'histoire des sciences sociales, parmi lesquels Être artiste (Klincksieck, 1995), ainsi que La Gloire de Van Gogh (Minuit, 1991), États de femme (Gallimard, 1996), La Sociologie de Norbert Elias (La Découverte, 1997), Le Triple jeu de l'art contemporain (Minuit, 1998), Être écrivain (La Découverte, 2000), L'Élite artiste (Gallimard, 2005), Pourquoi Bourdieu (Gallimard, 2007).

Consulter la table des matières

Première partie. Goût des généralités (Panoplie du petit sociologue amateur)
Chapitre 1.
« La société »
Chapitre 2. Même pas faux
Chapitre 3. « Les faits de société »
Chapitre 4. « Le pouvoir »
Chapitre 5. « L'art et le social »

Deuxième partie. Croyance aux arrière-mondes (On nous cache quelque chose)
Chapitre 6. Mise en énigme
Énigme et admiration
Énigme et arrière-mondes
Chapitre 7. Du soupçon au complot
Sociologie du soupçon
« On »
Intentionnalisme
« Tout se passe comme si »
Caché
Chapitre 8. Du concept à la chose agissante
Essentialisme
Anthropomorphisme conceptuel
« La Femme »
La métaphysique de la « nature »
Relativisons le relativisme
La théologie du « social »

Troisième partie. Erreurs de raisonnement (Ne confondons pas…)
Chapitre 9.
Chausse-trappes
Il y a « comparer » et « comparer »
Clarifier les confusions
Chapitre 10. Confusions sur le nombre
Échantillonnage et poudre aux yeux
Erreurs d'échelles
Chapitre 11. Confusions sur la norme
Il y a « norme » et « norme »
Effet de rétro-valorisation
Le « retour de la censure »
La règle et l'exception
Le changement et la stabilité
Chapitre 12. Confusions sur la frontière
Sophisme des frontières
Sophisme de l'indifférenciation
Sophisme de la catégorie
De l'idéal-type au régime
Chapitre 13. Confusions sur la causalité
L'explication par les conséquences
L'ignorance des effets de structure
Corrélation ou contextualisation
Variables dépendantes, variables indépendantes
L'oubli de la variable temporelle
Chapitre 14. Confusions sur la compréhension
Le jour où j'ai découvert la compréhension
Compréhension vs justification
Compréhension vs subjectivisme
Compréhension vs explication

Quatrième partie. Manipulations rhétoriques (De la mauvaise foi à l'embrouille)
Chapitre 15. Abus de chiffres
Précisions, imprécisions
Diafoirus chez les statisticiens
L'écrasement du qualitatif par le quantitatif
Chapitre 16. Abus de langage
Abus de démocratisation
Abus d'opinion
Abus de symbolique
Abus de discrimination
Abus de droit

Cinquième partie. Avoir quelque chose à vendre (Petits dérapages de l'intellectuel engagé)
Chapitre 17. La sociologie comme « sport de combat »
Le triomphe du « Moi je pense que »
Analyser ou juger
Une heure de peine ?
Bêtises sur la neutralité
Parler à la place des acteurs
Chapitre 18. Soyons corrects
Inné-le-méchant, acquis-le-gentil
Politiquement correct
Démocratiquement correct
Féministement correct

Sixième partie. Désintérêt pour le réel (Cachez ce fait que je ne saurais voir)
Chapitre 19. Réel, mon beau souci…
L'art de fermer les yeux
Un urinoir plein de bêtises
L'oubli du contexte
Chapitre 20. Conceptualisme
Le fétichisme de la boîte à outils
Prendre le contre-pied de bêtises
Sociologisme
Chapitre 21. Économisme
Homo rationalis à la plage
Homo economicus dans son atelier
Chapitre 22. Logicisme
Le réel, c'est le rationnel
Ou bien, ou bien
Monisme et monothéisme
Chapitre 23. Radicalisme
La vérité dans les extrêmes (tout est…)
Des matamores de campus
L'effet de sidération

Septième partie. Peur d'etre seul (Je pense comme nous)
Chapitre 24. La lutte des clans
Al Capone contre Corleone
Papa Maman