L'Art dans tous ses extrêmes

L'Art dans tous ses extrêmes
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Présentation

L'art de ce début de XXIe siècle, infiniment inventif, échappe à toute qualification. Sans qualité, il multiplie les configurations à l'infini, déroute les attentes, infiltre la vie quotidienne, et, comme l'exprime Claude Amey, ce qui est extrême, ce n'est pas la ligne droite mais le nombre des agencements qui entendent partager « le sensible ».
Tous les prophètes du déclin de l'art, les Cassandre prédisant sa mort programmée, de G. W. F. Hegel — qui ne parlait en fait que de « dissolution » — à Arthur Danto, se sont donc fourvoyés. Le capitalisme libéral a réussi à inventer la « fin de la fin de l'art ». Il est parvenu à créer un art à son image, un art affranchi des injonctions et des illusions modernistes, un art sans modèles, sans valeurs, sans idéaux, sans perspective humaniste, bref, un art « conforme », témoin désabusé, voire cynique, véritable sismographe d'un monde agité et déboussolé, lui aussi soumis à des reconfigurations.
Pa de confusion toutefois : l'art de la non-finitude ne renonce pas au beau, ni au sublime, ni au laid. Bien au contraire, il absorbe le tout, libéré de tout idéalisme et notamment de l'illusion selon laquelle il pourrait réenchanter le monde. C'est peut-être ce qu'exprime la 11e biennale de Lyon intitulée « Une terrible beauté est née » d'après un vers d'un poème de Yeats. Une beauté terrible, que l'on pourrait dire aussi effrayante, abominable, affreuse, apocalyptique, atroce, catastrophique, dantesque, dramatique, effroyable, épouvantable, extraordinaire, fantastique, farouche, féroce, formidable, foudroyante, horrible, insoutenable, intenable, intense, monstrueuse, prodigieuse, puissante, redoutable, sombre, terrorisante, tragique, violente, etc. Sans qualité, l'art actuel supporte tous les qualificatifs.
Marc Jimenez

Biographies Contributeurs

Marc JIMENEZ

Philosophe et germaniste, est professeur à l'université de Paris I (Panthéon-Sorbonne). Il enseigne l'esthétique à l'UFR d'Arts plastiques et sciences de l'art où il dirige le Centre de recherches en esthétique théorique et appliquée. Il est le directeur de la Collection d'esthétique chez Klincksieck.

Consulter la table des matières

Muriel Gagnebin : Hommage à Jean-Louis Leutrat
Marc Jimenez : Avant-propos
Claude Amey : De l'extrême à la démesure
Bernard Andrieu : À l'extrémité de son corps, l'eXtrême ?
Patrick Barrès : « Œuvres de chaos » du land art, paysage de l'extrême
Olivier Beuvelet : La main dans l'image ou l'extrémité du regard amoureux dans Brève histoire d'amour de Kieslowski
Jean-Yves Bosseur : Quelques jalons extrêmes dans la pensée musicale contemporaine
Jenny Chan : Extrême : processus dynamique de l'Inquiétante étrangeté
Éliane Chiron : « C'est ça ! » Le punctum. L'Extrême du langage
Stéphane Dumas : Habiter l'extrême, être habité par l'extrême
Ophélie Hernandez : Lorsque l'extrême se fait informe : trauma et irreprésentable
Jean-Louis Leutrat : Histoire(s) de cinéma comme œuvre extrême
Julien Milly : L'extrême ou les commencements de l'œuvre
Georges Molinié : L'art par le regard : une position extrême
Danièle Pistone : Contre toute attente : la réception de l'extrême artistique
Sébastien Rongier : Au bout de l'image, la rencontre des morts
Jean-Pierre Sag : L'extrême du regard : le regard regardé
François Soulages : L'extrême et l'esthétique