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Étude de quelques arguments sceptiques au XVIIe siècle

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La démonstration proposée est importante, et finalement très actuelle.

(Le Monde)

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Présentation

Les figures de la subjectivité sont plurielles. Loin d’en livrer un catalogue, André Pessel étudie les formes que le courant sceptique français des XVIe et XVIIe siècles en a proposées et que l’âge classique a symptomatiquement rejetées du côté des productions de « libertins » ou réduites à des « curiosités » émanant de minores. Refoulés hors de la grande histoire de la philosophie, les penseurs sceptiques ont, pour certains d’entre eux, sans doute les moins prudents, c’est-à-dire politiquement les plus explicites, connu l’expérience de procès, de tortures, pour ne rien dire des bûchers. Il y avait donc dans cette pensée sceptique une menace, un danger, que le refoulement « classique » ne laissa s’inscrire que comme violence ou silence.

André Pessel redonne voix à ce silence. Il montre comment, des modalités de la suspension du jugement à la déclinaison des figures de l’ego, les sceptiques ont démystifié le désir de vérité, la croyance en la certitude, la postulation de l’évidence. Il articule cette démystification à une méthode épistémologique qui récuse la recherche d’un point fixe dans l’ordre linéaire de la démonstration et qui change les paradigmes de l’argumentation. Pour les sceptiques, le sujet du savoir est lui-même un facteur de la situation.

Cet essai opère ainsi l’exhumation interne à l’histoire philosophique d’un courant subversif, il produit une typologie de la subversion sceptique en traversant les œuvres des sceptiques athées et chrétiens, de Jean-Pierre Camus et Charron à Gabriel Naudé, de Montaigne à La Mothe Le Vayer.

André Pessel inaugure significativement son entreprise de dés-occultation de la puissance de la pensée sceptique en révélant pour la première fois l’identité de l’interlocuteur le plus secret de Descartes dans les Méditations métaphysiques : l’Hyperaspistes.

Presse

André Pessel radiographie les « figures de la subjectivité », ou les « déclinaisons de l’ego » qui varient « selon les ontologies, moniste ou dualiste », en insistant sur celles qui ont été proposées par « le courant sceptique français des XVe et XVIIe siècles » et que le rationalisme classique « a symptomatiquement refoulées du côté des productions des “libertins” ou littératuralisées sous la forme de “curiosités” », venant de penseurs dits « mineurs », de Jean-Pierre Camus à Charron, de Gabriel Naudé à François La Mothe Le Vayer.
Libération - 21/03/2020

La démonstration proposée est importante, et finalement très actuelle. Elle fait voir que le scepticisme est bien plus que cette attitude intellectuelle qui, depuis les Grecs, consiste à contester que nous puissions atteindre des vérités ou même à nier leur existence. On découvre, avec Pessel, une autre face, celle de la subversion. En déployant une conception du sujet comme « multiple », non unifié, toujours situé quelque part de manière précaire, les sceptiques des XVIe et XVIIe siècles perturbent le fondement des argumentations et des connaissances, mais aussi celui des identités et des assignations à résidence.
Le Monde - 17/04/2020

Le XVIIe siècle ne se résume pas au duel théorique, remporté par Descartes, entre le rationalisme et le dogmatisme religieux. À la même époque, une importante littérature sceptique, jugée “libertine” par l’Église, fleurit dans leur ombre. André Pessel se fait l’archéologue de ces écrits clandestins et en restitue la puissance subversive avec une impressionnante érudition.
Philosophie Magazine - 01/07/2020

Biographies Contributeurs

André Pessel

André Pessel a été professeur de philosophie en khâgne au lycée Louis-le-Grand (1970–1996). Grand passeur de l’âge classique, il a enseigné pendant de longues années à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm. Lecteur singulier, affranchi de tous les académismes, il a formé de très nombreux lecteurs.

Consulter la table des matières

Préface

Introduction
Chapitre I. Un Hyperaspistes de Descartes ?
Chapitre II. Le logement du sujet dans la théologie comme savoir du singulier : Montaigne
Chapitre III. Le sujet de la dévotion et les romans dévots : Jean-Pierre Camus
Chapitre IV. Le sujet dans le déplacement du scepticisme de Montaigne à La Mothe Le Vayer
Chapitre V. Le sujet dans son histoire, le prince dans la machine politique : Gabriel Naudé
Chapitre VI. La place de l’auteur dans la défense d’une religion : Charron face à Duplessis Mornay

En guise de conclusion

Extrait