Temps de Préfaces

Le débat théâtral en France de Hardy à la Querelle du " Cid "

Temps de Préfaces

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Présentation

Le débat théâtral de Hardy au Cid, en ce « temps de préfaces », favorise la naissance et l'affirmation de la conscience d'un nouveau théâtre et de son rôle social et littéraire.
Ce sont les théoriciens de ce débat qui créent la dramaturgie du théâtre moderne. Ils écrivent « pour un théâtre réel », « en tenant compte des conditions matérielles de la représentation » (J. Scherer). La littérature de l'écrit et de l'oral, spécifique du théâtre, trouve ses normes, ses techniques, ses postulats valables pour n'importe quel type de théâtre. La langue dramatique apparaît dans sa magie, son ambiguïté, sa profondeur musicale. La variété des propositions, des problèmes posés et des pièces sur la scène offre la garantie de l'esthétique d'un nouveau théâtre, marquant les signes d'une nouvelle mentalité, française et européenne. La force d'invention de l'auteur (de l'homme) va gagner, pilotée par les lois du théâtre enfin découvertes, avec tout un bagage des questions de l'écriture. En quelques années, la dramaturgie change radicalement, sans constriction, sans rigidité, avec le triomphe de la nature humaine, ses passions, sa destinée : on découvre que l'essence aussi a des techniques. Il faudra attendre trois siècles pour le savoir, grâce à Freud et à ses disciples. Texte théâtral et hors-texte (la scène) retrouvent leur chemin unitaire, dans cette « nouvelle critique » sur l'écriture, les signifiants textuels, le dit, le temps et le lieu de la scène, à travers l'articulation logique de l'action (l'histoire), canalisée le long de rythmes internes et externes. Dramaturgie et sémiologie marchent ensemble dans le débat théâtral de 1625 au Cid. Il faut revenir à l'essence de ses textes pour redécouvrir la rhétorique, la technique et la sociologie du théâtre.
Les conditions exceptionnelles de la naissance de l'État français moderne à ce moment-là et de la prise de conscience d'une unité sous le signe de l'éloquence et de la littérature favorisent l'effet d'un débat salutaire auquel la France et l'Europe doivent une bonne partie de leur futur culturel.