Revue de littérature comparée - N°3/2021

La RLC a 100 ans (III)

Revue de littérature comparée - N°3/2021
  • 128 pages
  • Livre broché
  • 15.1 x 23 cm
  • N° dans la collection : 379
  • Parution :
  • CLIL : 4028
  • EAN13 : 9782252045404
  • Code distributeur : 70805

Sous la direction de : Pierre Brunel
Sous la direction de : Véronique Gély
Sous la direction de : Daniel-Henri Pageaux

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Présentation

Résumés

Véronique GÉLY, Cosmopolitisme, littérature européenne, littérature comparée : Joseph Texte

Premier titulaire d’une chaire de littérature comparée en France, mort prématurément en 1900, Joseph Texte, héritier de Germaine de Staël, d’Hippolyte Taine et de Ferdinand Brunetière, laisse une oeuvre critique qui milite pour imposer dans l’enseignement français cette nouvelle discipline et donc l’étude des langues et des littératures modernes. Il retient de Hutcheson Macaulay Posnett l’idée que, à la « littérature mondiale » du Moyen Âge, a succédé à partir du XVe siècle l’ère des littératures nationales, condition d’émergence du comparatisme littéraire. La littérature comparée, née selon lui en Allemagne en réaction contre l’hégémonie française, est à la fois vecteur de nationalisme et d’internationalisme. Elle permettra, prophétise-t-il, l’émergence d’une « littérature européenne ».

Daniel-Henri PAGEAUX, Sur les débuts universitaires de Jean-Marie Carré
L’essentiel de l’article porte sur la lecture d’un texte inédit de Jean-Marie Carré, une conférence donnée à Luxembourg en 1908, alors qu’il est lecteur de français à Halle. Si le sujet retenu est l’étude de la poésie de Leconte de Lisle, les réflexions que suscitent le goût de l’antique et un certain exotisme permettent de mieux comprendre certaines orientations qui vont se dessiner par la suite, tant dans les recherches universitaires que dans certains essais.

Pierre BRUNEL, Français, mais Ardennais : réflexions comparatistes de Jean-Marie Carré en 1921
Après la révélation par Daniel-Henri Pageaux de la première conférence prononcée par Jean-Marie Carré en 1908, et ses thèses soutenues en 1920, il était important de mettre en valeur le livre qu’il publiait à Charleville en 1921 sur quatre écrivains liés aux Ardennes, dont, bien sûr, Arthur Rimbaud auquel il allait consacrer plus tard des livres fondamentaux. Chaque cas est singulier : Michelet, Taine, Verlaine et donc Rimbaud. Mais l’accent est toujours mis, in fine, sur les relations entre la France et l’Allemagne dans cette région particulièrement éprouvée. Comme les fondateurs de la Revue de Littérature Comparée en 1921, Jean-Marie Carré se situe dans l’esprit de l’après-guerre et part des analogies pour aboutir à des comparaisons.

Antoni MARTÍ MONTERDE, Jean-Marie Carré et les origines historiques et politiques de l’imagologie comparatiste
L’objectif de cet article est de présenter les origines de l’imagologie comparatiste, et notamment les travaux de Jean-Marie Carré, comme une proposition méthodologique profondément marquée par la Première et la Deuxième Guerres Mondiales. Le commentaire des deux oeuvres majeures de Carré : Goethe en Angleterre (1920) et Les Écrivains français et le mirage allemand 1800-1940. (1947) et la relecture de nombreux articles oubliés démontrent comment pendant ces années si difficiles la tentative de fournir au comparatisme français une méthodologie à partir de laquelle appréhender l’image de l’Autre est devenue un lieu où s’expriment les tensions entre la France et l’Allemagne, jusqu’à remettre en question une partie des valeurs qu’on associe traditionnellement au comparatisme. C’est pourquoi, dans le contexte actuel de revitalisation du discours imagologique, désormais conscient de sa dimension politique, reprendre les travaux oubliés de Carré permettra d’aborder cette partie peu étudiée de l’histoire du comparatisme.

Pierre BRUNEL, Célébrer la beauté
À partir de ce titre, Pierre Brunel a voulu montrer comment François Cheng dans ses Cinq méditations sur la Beauté a étendu à tous les humains la mission que Rilke a assignée au poète. En suivant l’ordre de ces cinq méditations, il rappelle le rapprochement entre la beauté de la Nature et la beauté de la femme, l’hésitation de Baudelaire entre fascination et doute qu’inspire cette apparente beauté, poussant le paradoxe de la beauté du bizarre jusqu’à une question au sujet de la beauté du laid et du démon, et à partir de là, il revient vers un nouveau rapprochement entre Rilke et Cheng sous le signe de l’Ouvert et de « cette chose magique qui est l’art » quand il promeut une telle ouverture.

Daniel-Henri PAGEAUX, François Cheng passeur et penseur
C’est non le poète ou le romancier qui est ici étudié, mais l’auteur de nombreuses études sur la peinture et la pensée chinoises, et l’essayiste, le moraliste qui, depuis deux décennies, s’est tourné vers les questions qu’il juge essentielles dans notre monde actuel, en raison même de leur apparente inactualité : la mort, la beauté, l’âme, le dépassement de soi. L’article détaille une écriture de la médiation, du dialogue entre l’Extrême Orient et l’Occident qui a évolué vers une écriture de la confession et la méditation.

Jacques BODY, Comparatistes familialement et même familièrement
Par définition, la comparaison crée des liens. Mais aussi bien toute réflexion et toute science. Entre comparatistes comme entre chercheurs de toutes disciplines, des liens aussi préexistent, familiaux (filiation, fraternité, mariage) ou familiers (condisciples, collaborateurs, successeurs, amis).
Tels sont les liens que je décris en récapitulant les souvenirs de ma carrière ; dont la RLC fut l’un des vecteurs. Petit récit mémoriel.

Glyn HAMBROOK, Inventaire : recherche sur la réception et la traduction de Baudelaire en Espagne
Le bicentenaire de la naissance de Baudelaire en 2021 rend opportun un bilan de recherche sur la réception en Espagne du poète des Fleurs du mal,
sujet abordé déjà dans presque soixante-dix livres, articles, chapitres, revues, et thèses apparus à partir de 1959, tous recueillis dans cet article sous la forme d’une annexe. Cet état présent propose une synthèse des principales tendances et les principaux axes de recherche sur la traduction de Baudelaire et la critique de son oeuvre en Espagne, ainsi que sur sa présence, soit concrète soit paradigmatique, dans la littérature espagnole du XIXe au XXIe siècles. La conclusion esquisse des directions que pourrait prendre la recherche sur la réception de Baudelaire en Espagne dans l’avenir.

Adriana Cristina CROLLA, Por el hilo de mis comparatismos y sus fábulas
Proponer un balance de los recorridos y alcances de una vida académica dedicada a los estudios comparados durante cuatro décadas, se presenta inicialmente como una tarea abrumadora y de casi imposible abordaje. Pero una vez encontrado el “método” para sintetizar en pocas páginas los múltiples caminos realizados, se experimenta una particular satisfacción al tomar conciencia que el camino elegido no fue en vano. Junto a la invitación del estimado comparatista Daniel-Henri Pageaux para incorporarme al Comité Editorial de la Revue de Littérature Comparée, se me solicitó elaborar un testimonio personal. El presente texto responde a esa solicitud proponiendo un sucinto, pero complexivo relato de los cinco “hilos” que entramaron la fábula de mis extra-víos comparatistas.

Pierre BRUNEL, Entre deux pays, entre deux langues, entre deux mondes : Vénus Khoury-Ghata
Nouveau membre du Comité d’honneur de la Revue de Littérature Comparée, Vénus Khoury-Ghata est au nombre des écrivains majeurs de notre temps. Pierre Brunel, qui préside le jury du prix Vénus Khoury-Ghata, rappelle qu’elle a quitté le Liban en 1972 et qu’elle vit essentiellement à Paris tout en conservant des liens très étroits avec son pays natal. Son oeuvre considérable a également évolué d’une langue à l’autre et son récent recueil poétique, Éloignez-vous de ma fenêtre, est profondément marqué par la terrible catastrophe survenue à Beyrouth le 4 août 2020.

Biographies Contributeurs

Pierre Brunel

Pierre Brunel, membre de l'Institut universitaire de France de 1995 à 2005, est professeur de littérature comparée à l'université de Paris Sorbonne (Paris IV) depuis 1970. Il a orienté une partie de ses recherches sur l'étude des genres littéraires et en particulier sur le roman. Il y applique librement les méthodes de la littérature comparée, et en particulier celles qu'il a essayé de suggérer pour une mythocritique comparatiste.

Daniel-Henri Pageaux

Docteur d'Etat ès lettres (Université de Paris III-Sorbonne nouvelle, 1975). Hispaniste de formation, puis comparatiste (Université de Rennes, 1965-1975). Professeur de littérature générale et comparée à l'Université de Paris III-Sorbonne nouvelle. Membre du Comité Lesage au sein du CRLC (Centre de recherche en littérature comparée, Université de Paris-Sorbonne). Co-directeur de la "Revue de littérature comparée" et membre du comité de rédaction de diverses revues spécialisées (Thélème, Letterature di frontiera, Portulan, Mentalités). Romancier sous le pseudonyme Michel Hendrel..

Consulter la table des matières

Avant-propos
par Pierre Brunel, Véronique Gély, Daniel-Henri Pageaux

De Joseph Texte à Jean-Marie Carré
Véronique Gély • Cosmopolitisme, littérature européenne, littérature comparée : Joseph Texte
Daniel-Henri Pageaux • Sur les débuts universitaires de Jean-Marie Carré
Pierre Brunel • « Français, mais Ardennais » : réflexions comparatistes de Jean-Marie Carré en 1921
Antoni Martí Monterde • Jean-Marie Carré et les origines historiques et politiques de l’imagologie comparatiste

Présence de François Cheng
Pierre Brunel • Célébrer la beauté
Daniel-Henri Pageaux • François Cheng passeur et penseur

Fidélités et renouvellements
Jacques Body • Comparatistes familialement et même familièrement
Glyn Hambrook • Taking Stock: Research on the Reception and Translation of Baudelaire in Spain
Adriana Cristina Crolla • Por el hilo de mis comparatismos y sus fábulas
Pierre Brunel • Entre deux pays, entre deux langues, entre deux mondes : Vénus Khoury-Ghata

Résumés
Abstracts