Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes volume 94-1

Fascicule 1

Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes volume 94-1

Sous la direction de : Philippe Hoffmann, Philippe Moreau

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Présentation

Sébastien Barbara. – Les phalanges de Socrate (X., Mem., I, 3, 11-13)
Xénophon (Mem., I, 3, 11-13) attribue à Socrate une image rapprochant les baisers des beaux garçons des envenimements causés par les araignées dites phalanges (φαλάγγια). Parallèlement, Platon (Smp., 217e-218b) prête à Alcibiade l’image de la morsure de vipère à propos de l’amour-philosophie. Ces images issues des topoi populaires de la morsure-piqûre de l’amour témoignent d’une tendance des socratiques à développer des comparaisons en rapport avec la sphère médicale et des échanges entre philosophes et médecins dans l’Athènes des Ve-IVe s. Dans le cas des phalanges le témoignage de Xénophon atteste, par sa date haute, une diffusion précoce de savoirs iologiques précis, notamment le lien causal entre symptômes critiques et morsure de la veuve noire méditerranéenne (Latrodectus tredecimguttatus Rossi) qui n’est pourtant pas facile à établir.

Pauline Belin. – Le concept de consuetudo dans les traités rhétoriques de Cicéron
Cet article se propose d’explorer les implications du terme consuetudo dans les traités rhétoriques cicéroniens où le terme est utilisé : De inuentione, 84-83 av. J.-C., De oratore, 55 av. J.-C., Brutus, 46 av. J.-C., Orator, 46 av. J-C., et les Partitiones oratoriae, 46 av. J.-C. Cette étude du terme de consuetudo entend retracer les origines du concept linguistique de consuetudo, formulé par Cicéron et repris par Quintilien dans l’élaboration de son Institution oratoire, et précisera les liens entre le sens général du terme et l’acception proprement linguistique qu’il acquiert, tout en éclaircissant les enjeux de ces différentes acceptions.

Jaime Curbera. – Les noms de la mandragore selon Dioscoride
Cet article traite des six noms de mandragores transmis dans le De materia medica de Dioscoride (θριδακίας, ἀντίμιμος, κιρκαία / διρκαία, μώριον, βομβόχυλον, μανδραγόρας), ainsi que des quinze synonymes donnés dans les manuscrits alphabétiques de Dioscoride. L’article met l’accent sur l’aspect lexical (étymologie, brachylogie, emprunts), mais il traite inévitablement d’autres questions, comme les prières des herboristes, et il propose de nouvelles lectures pour les noms corrompus (ΑΡΧΗΝΗ, ΒΙΑΔΕΟΣ, ΓΟΝΟΓΕΩΝΑΣ, ΞΕΡΑΝΘΗ). Une dernière annexe explique un curieux nom de la plante en grec moderne (ματούσιω).

Concepción Fernández Martínez. – Rythmes métriques accidentels ou locutions idiomatiques dans des inscriptions gauloises considérées comme carmina (CIL, XIII, 1983, 1972, 2073, 2216, 1849)
L’article analyse les possibles formes métriques d’une série d’inscriptions latines considérées comme métriques, afin de décider de leur inclusion ou de leur exclusion du corpus des Carmina Latina epigraphica des Gaules. En outre, l’article propose une édition critique et un commentaire philologique de ces inscriptions.

Jorge Martínez-Pinna. – Le nom de Servius Tullius
Cet article traite du nom de Seruius Tullius, roi de Rome. Un lien avec le terme latin seruus, ainsi qu’une origine étrusque semblent peu admissibles. Au contraire, l’analyse de ce nom révèle une origine latine du personnage et son appartenance à un niveau social élevé.

Jean-Louis Perpillou. – Anges et démons
Dans ce texte posthume, qui fait suite à « Pouvoirs d’un chiffre », paru dans Ὀνομάτων ἵστωρ. Mélanges offerts à Charles de Lamberterie (Louvain, Peeters, 2020, p. 637-650), Jean-Louis Perpillou examine trois nouvelles séries d’exemples de la formule « 3 fois 9 » : les inscriptions d’Asie Mineure impliquant le dieu Mèn, un rite agraire lituanien et son correspondant grec (Hérodote VIII, 137), ainsi que des bylines russes qui relatent des pratiques magiques adressées à des démons ou des (arch)anges. La valeur non comptable de cette formule, très probablement héritée, s’y trouve confirmée.

Gerd Van Riel, Victor Gysembergh. – L’Athéna de Saïs dans l’In Timaeum de Proclus
Dans sa discussion du mythe de l’Atlantide, raconté par un prêtre de Saïs dans le Timée de Platon, Proclus se tourne vers la relation entre la déesse Athéna et la cité de Saïs en Égypte septentrionale. L’une des connexions astrologiques mentionnées par Proclus est qu’Athéna était un des astres arctiques. Dans ce contexte, le texte reçu du Commentaire sur le Timée de Proclus fait référence à certains qui lient Athéna à « la lune qui est là-bas ». Dans cet article nous analysons les diverses explications et émendations du texte. Nous examinons leur valeur par rapport aux spéculations astronomiques des Égyptiens et des Grecs, mettant à profit de récentes découvertes sur la transmission textuelle du commentaire de Proclus. À partir de cet examen, nous proposons de corriger le texte transmis.

Inés Warburg. – De Lerina insula: tradición manuscrita, textos y edición
El poema De Lerina insula, atribuido a Dinamio de Marsella († 595 c.), celebra en dísticos elegíacos la fundación cristiana de San Honorato mediante una serie de tópicos tradicionales sobre la isla « santa » y sus habitantes. Dos códices de Isidoro de Sevilla (ms. Klosterneuburg 723 del siglo XII y ms. Göttweig 64 (78) del siglo XIII) incluyen la colección de inscripciones romanas conocida como Sylloge Turonensis; en el apéndice de esta síloge se conserva el poema – no epigráfico y no romano – de Dinamio. Esta contribución propone una edición crítica del poema a partir de ambos testimonios, ya que las dos ediciones del siglo XIX se basan alternativamente en copias de uno de los dos manuscritos : la primera edición de 1888, en una copia de Klosterneuburg 723 y la segunda edición de 1897, en una copia de Göttweig 64. Los testimonios derivan de un ascendiente en común, pero ambos textos son independientes y complementarios.