L’Expérience plébéienne

Une histoire discontinue de la liberté politique

L’Expérience plébéienne
L’Expérience plébéienne
  • 432 pages
  • Index, Bibliographie
  • Livre broché
  • 14 x 22 cm
  • Critique de la politique
  • N° dans la collection : 43
  • Parution :
  • CLIL : 4127
  • EAN13 : 9782252048795
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Présentation

Avant la multitude, le peuple, les masses ouvrières et les subalternes colonisés, il y a la plèbe. Celle-ci surgit politiquement sous la République romaine, au moment même où le dèmos est en voie de s’affirmer à Athènes. Contrairement au dèmos, la plèbe est un acteur politique dont les principes et les pratiques demeurent méconnus.
La scène inaugurale de l’« expérience plébéienne » est la sécession de la plèbe en 494 avant J.-C. : le retrait sur l’Aventin. Pour déjouer la domination patricienne, les migrants, les sans-papiers, les pauvres et tous les exclus qui constituent la plèbe quittent Rome pour s’installer sur le mont Aventin. Plutôt que de se donner des chefs, la plèbe se donne des noms et des ancêtres, des rituels et des institutions. Elle accède ainsi à la parole publique et à l’inscription symbolique dans l’ordre de la cité. Avant cet événement fondateur, l’existence des plébéiens était infra-politique. Après lui, ces derniers s’affirment comme citoyens.
Une histoire discontinue de la liberté politique naît de cette expérience de démocratie radicale. Se dessine alors une tradition politique « insurgeante », selon le mot de Miguel Abensour, voire souterraine, qui a été conceptualisée par Machiavel mais aussi par Vico, Montesquieu et Ballanche. Trois caractères la distinguent : le communalisme, l’agoraphilie et une temporalité propre, la « brèche », au sens d’Arendt, c’est-à-dire une irruption événementielle qui rompt provisoirement l’ordre de la domination.
Martin Breaugh fait revivre l’histoire de ce « principe plébéien » à partir d’une réflexion approfondie sur l’accès du grand nombre à l’action politique. Il découvre une autre intelligence de la démocratie comprise comme une expérience d’émancipation nouant ensemble, révolte et liberté, révolution et démocratie, utopie et émancipation au sein des pratiques politiques populaires.

Biographies Contributeurs

Martin Breaugh

Martin Breaugh est professeur titulaire de théorie politique au Department of Politics à York University (Canada). Il a codirigé plusieurs ouvrages scientifiques, notamment Thinking Radical Democracy: The Return to Politics in Post-War France (University of Toronto Press, 2015) et A Politics of Emancipation: The Miguel Abensour Reader (SUNY Press, 2024). Il a enseigné la théorie politique au Brésil, au Québec, au Mexique, en France, en Belgique, en Suisse et en Croatie.

Consulter la table des matières

PRÉFACE À LA NOUVELLE ÉDITION
EXPÉRIENCE PLÉBÉIENNE ET DÉMOCRATIE RADICALE
PRÉFACE

PARTIE I
Qu’est-ce que la plèbe ?

I. NAISSANCE HISTORIQUE DU PRINCIPE PLÉBÉIEN
République romaine : la première sécession plébéienne (494 av. J.-C.)
Florence : la révolte des Ciompi (1378)
Romans : carnaval et révolte (1580)

Excursio 1 : Sur la « division originaire du social »
Naples : la révolte de Masaniello (1647)
Excursio 2 : Sur l’« Intraitable »

II. GENÈSE PHILOSOPHIQUE DU PRINCIPE PLÉBÉIEN
Machiavel : la plèbe, le conflit et la liberté
Montesquieu : éloge de la division
Vico : la plèbe et « l’histoire de toutes les cités du monde »
Ballanche : le principe plébéien
De Leon : les chefs de la plèbe
Foucault : la plèbe, bassesse ou résistance ?
Rancière : la mésentente plébéienne

Réponse à la question « qu’est-ce que la plèbe ? »

PARTIE II
La question des formes d’organisation politique

LIMINAIRE. SUR LA CONFIGURATION POLITIQUE DOMINANTE DE LA MODERNITÉ

III. SOCIÉTÉS SECTIONNAIRES ET SANS-CULOTTES PARISIENS
Genèse et action des sociétés sectionnaires
Lutte politique exemplaire I : Contre la centralisation
Lutte politique exemplaire II : Contre les grands spécialistes
Une pratique de l’insurrection

L’insurrection contre les Girondins
L’insurrection contre les Thermidoriens

IV. SOCIÉTÉ DE CORRESPONDANCE LONDONIENNE ET JACOBINS ANGLAIS
De la plèbe : penser avec Thompson contre Thompson
Sur les Jacobins anglais
Le XVIIIe siècle anglais et la Révolution française
« Que le nombre de nos adhérents soit illimité. »
« L’arbre de la liberté »
Un héritage sans testament ?

La pluralité
La capacité politique
L’altérité
Les nouveaux espaces politiques
La citoyenneté active

V. COMMUNE DE PARIS DE 1871 ET COMMUNARDS
Qu’est-ce qu’un communard ?
Vers la Commune de Paris : un apprentissage politique
Les clubs politiques sous la Commune : une démocratie radicale
Contribution communaliste : critique de la politique, pratique de la liberté

PARTIE III
La nature du lien humain

LIMINAIRE. LIEN SOCIAL, LIEN POLITIQUE ET MODERNITÉ

V. LES SANS-CULOTTES : UN LIEN POLITIQUE DE LA FRATERNITÉ
Les sans-culottes : un lien politique
La « fraternité » en action
La fraternisation comme pratique politique
Politique, violence et fraternité : un lien politique fragile
L’héritage de Rousseau ?
De l’indivision chez les sans-culottes

VII. LES JACOBINS ANGLAIS : UN LIEN POLITIQUE DE LA PLURALITÉ
La révolution industrielle en Angleterre
La rupture du lien social traditionnel
Refaire du lien : la Société de correspondance londonienne
« En nombre illimité » : la pluralité comme lien politique
Un lien politique de la division ?

VIII. LES COMMUNARDS : UN LIEN POLITIQUE DE L’ASSOCIATION
La situation politique française avant la Commune
Un principe au coeur de l’action communale : l’association
L’association comme lien politique
De la division ou de l’indivision chez les communards ?

CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
INDEX DES NOMS PROPRES
REMERCIEMENTS