Courage sans héroïsme

Courage sans héroïsme
Courage sans héroïsme
  • 168 pages
  • Livre broché
  • 12.5 x 19 cm
  • Critique de la politique
  • N° dans la collection : 44
  • Parution :
  • CLIL : 4127
  • EAN13 : 9782252048931
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Présentation

Qu’est-ce que le courage introduit d’effectivement différent par rapport aux catégories classiques de l’héroïsme, telles la souveraineté, le sacrifice, la vertu, le nom propre ? Les multiples références à la péremption historique de l’héroïsme, mais aussi bien à sa résurgence, au ton héroïque mortifère que charrie la vague fascisante actuelle tendent à confondre héroïsme et courage. D’où le passage par un détour : comment penser le courage quand il n’agit pas de manière héroïque ? Cette discontinuité est explorée dans le contexte de la modernité. Le livre lui-même prend la forme d’une casuistique. Il interroge l’Antigone de Sophocle, la dialectique hégélienne, le poème « Timidité » de Hölderlin, les Minima Moralia d’Adorno, la décomposition de la rhétorique révolutionnaire chez Kleist, la colère chez Benjamin.
La réécriture du courage se saisit de l’éclairage apporté par Freud sur les effets de la Première Guerre mondiale, comme des conséquences qu’en tire Lacan. La question de savoir à quoi sont sacrifiées des millions de vies dans les batailles de matériel meurtrières, à quels intérêts, à quelle logique d’État, périme l’idée d’un ordre du Bien pour lequel une vie pourrait être prête à mourir. Pour accéder à la précarité ontologique de la vie anonyme, à ses perturbations, il faut changer de question : non plus demander « Pour quoi un sujet est-il prêt à mourir ? », ni même : « À quel idéal est-il prêt à sacrifier ? », mais, pour paraphraser Lacan : « Quel refus de renoncer au désir fait advenir un sujet ? »
D’où une torsion dont s’affecte le courage : il n’affronte pas la mort en se résolvant au néant, mais s’attache dans l’excès mortel à ce qui de la vie n’est pas encore joué. De cette différence provient un courage qui est non pas démesure, mais expérimentation d’une vie sans mesure. Il y va de l’excès du risque, de l’insistance sur les objets toujours singuliers que cette expérimentation investit, aussi bien hors de la gangue normative du capital que hors de son déchaînement nihiliste. En l’arrachant à une situation du monde catalysé par le hasard, dans la brèche soudaine raturant la mesure qui l’ordonne, le courage renvoie le sujet à ce que la vérité comporte d’incalculable.

Consulter la table des matières

Courage sans héroïsme
Les dissociations de la matrice héroïque.
Le courage, le sujet, l’événement
L’infini de la mesure
Antigone / Hegel, Lacan
Courage ou héroïsme

Lacan
Hegel
Le drame
Le courage de marcher une fois aussi sur la tête
Désordres dans la dial ectique

L’angoisse, l’excès absolu
L’entêtement
Le courage de marcher sur la tête
À quoi bon encore Minima Moralia 
Kleist sténographe
Une anecdote politiquement explosive
Hölderlin athée ?
« Timidité »

La dialectique du proche et du lointain, la totalité. . 112
Blödigkeit
Timidité
Timidité, le courage du poète
Que peut une colère profane ?
« Critique de la violence ».