Constellation et utopie

Theodor W. Adorno, le singulier et l'espérance

Constellation et utopie
Constellation et utopie
  • 170 pages
  • Index, Bibliographie
  • Livre broché
  • 14 x 22.5 cm
  • Critique de la politique
  • N° dans la collection : 13
  • Parution :
  • CLIL : 3133
  • EAN13 : 9782252041185
  • Code distributeur : 59892
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Présentation

La philosophie d’Adorno est une critique de la domination politique et idéologique. Elle est aussi une méditation sur les devoirs de la pensée confrontée à la Shoah et aux totalitarismes du XXe siècle.
Face à la Catastrophe, elle ne s’abîme pas dans le défaitisme mais tente de retrouver, sous les mythes qui les étouffent, les raisons d’espérer sans lesquelles l’expérience humaine ne serait pas viable. La notion d’utopie, qu’il hérite d’Ernst Bloch et de Walter Benjamin, a d’abord chez Adorno ce sens d’un dégagement de possibles qui, enfouis dans l’Histoire et réprimés par la logique du capitalisme, peuvent cependant être reconnus et libérés.

Cela suppose que les singularités – l’individu dans le collectif, le détail dans l’ensemble, l’élément dans la composition – ne soient pas annexées et liquidées, mais au contraire préservées dans leur expression propre. Adorno, avec Benjamin, nomme « constellations » les modes d’articulation qui y parviennent.

Pour en dégager les enjeux, il faut entrer dans le mouvement d’une pensée qui déconstruit les concepts d’identité et de totalité mais ne renonce pas à l’espérance. Les conceptions adorniennes de la dialectique et de la négativité sont traversées par cette tension féconde.

Cette introduction à l’œuvre d’Adorno l’interprète comme une réponse à ce que Miguel Abensour appelait la « sommation utopique » : sous l’opacité et la noirceur du monde, l’écriture d’Adorno tente de réveiller un « dire » de vérité, de sauvetage et d’émancipation.

Biographies Contributeurs

Daniel Payot

Professeur à l’Université de Strasbourg, Daniel Payot se définit volontiers comme un lecteur. La générosité déconstructrice de Jacques Derrida, la lucidité micrologique de Walter Benjamin et de Theodor W. Adorno, la réponse d’Emmanuel Levinas à l’adresse infinie de l’autre et la patience polysémique de l’interprétation midrachique le sollicitent particulièrement.

Consulter la table des matières

Avant-propos
Introduction


I – Pourquoi la pensée est-elle dialectique ?

1. De la mythologie à la connaissance du singulier
La rencontre de Naples
Héritages de Walter Benjamin
Penser le concret
Libérer le singulier de l’emprise de la totalité

2. Singularités et constellations
La situation de Münchhausen
Du paradoxe à l’aporie ; vers une « ontologie ironique » ?
Tension, connexion, constellations
Le concept d’images dialectiques

3. La dialectique face à l’incommensurable
Penser (dans) l’histoire
Domination transcendantale
Immanence absolue, élimination du non-identique
L’expérience antithétique de la raison
De la « négation formelle » à la « négation déterminée »


II – Pourquoi la dialectique est-elle négative ?

4. Délivrer la dialectique de son essence affirmative
Une dialectique souveraine
La contrainte identitaire
Aveuglements hyperboliques
Penser contre soi-même


5. Libérer la subjectivité de son idéalisation emphatique
Dialectique et subjectivité
Le sujet n’est pas « la sphère des commencements absolus »
Le sujet et son autre
La subjectivité et l’expérience de la pensée
Le sujet dans l’histoire


6. Construire les conditions de l’expérience
L’expérience, « épreuve de réalité »
L’utopie, « conscience de la possibilité »
Le possible et la constellation
Le travail de Sisyphe


III – Comment la négativité devient-elle aspiration à l’utopie ?

7. La possibilité d’un renversement
« L’utopie est le concret »
Un revers du négatif ?
Renversement et métaphysique

8. L’espoir d’un autre dans l’apparence
Renversement et attente
Une figure d’espérance
Le sauvetage de l’apparence


9. Le point de vue de la rédemption
Le refuge de l’espoir
Perspectives
Lumière messianique
Réparation et paix du sabbat



IV – En quel sens l’aspiration à l’utopie peut-elle être dite « musicale » ?

10. Syntaxe et vérité

La forme musicale : totalité et singularité
La langue perdue de l’articulation
Dissonance et probité
L’écart comme expérience


11. Les noms musicaux de l’incommensurable
Traces
Monadologie et dialectique
Les noms du singulier
Ambivalences du contrepoint
Limites du nominalisme
La musique comme écriture


12. La « tension antinomique » comme forme d’espérance
Musique et utopie
Une fabrique d’antinomies
Synthèses suspendues
Un « nous » musical ?
Agencement et politique


Conclusion
Bibliographie indicative
Index